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Air Cocaïne: l'instruction en France en voie d'achèvement

La juge d'instruction marseillaise Christine Saunier-Ruellan a annoncé la fin de l'instruction de l'affaire Air Cocaïne. Le parquet de Marseille pourrait donner le 19 mai, sa position sur une éventuelle requalification des faits.
Parmi les principaux accusés, les deux pilotes, évadés de République Dominicaine
Parmi les principaux accusés, les deux pilotes, évadés de République Dominicaine
L'instruction de l'affaire Air Cocaïne est terminée, estime la juge d'instruction marseillaise Christine Saunier-Ruellan, qui en a informé, le 19 avril, les avocats des 14 personnes mises en examen.

Les accusés espèrent une requalification des faits

Sans demandes d'investigation supplémentaires, le parquet de Marseille devrait délivrer le 19 mai un réquisitoire définitif, donnant ainsi sa position sur une éventuelle requalification des faits.
Ouvert sous la qualification d'importation de stupéfiants en bande organisée, le dossier devrait normalement être jugé par une cour d'assises spéciales, les accusés encourant alors 30 ans de réclusion criminelle.
Si le parquet de Marseille requiert l'abandon de la circonstance aggravante de bande organisée et que ce choix est validé par la juge, le procès à venir se tiendrait alors devant le tribunal correctionnel de Marseille, les peines maximum encourues étant dans ce cas de 10 ans d'emprisonnement.

Air Cocaïne, sur fond de trafic international

Ouverte le 2 mars 2013 sur la base d'un renseignement concernant un vol suspect entre la République dominicaine et l'aéroport de Saint-Tropez (Var), l'instruction a mis au jour l'organisation présumée d'un vaste trafic international de cocaïne acquise auprès des cartels de narcotrafiquants mexicains, la drogue étant transportée par voie aérienne dans des avions privés.
Le 19 mars 2013, quatre Français dont Bruno Odos et Pascal Fauret, les pilotes d'un Falcon 50 à destination de l'aéroport varois, étaient interpellés à Saint-Domingue après la découverte de 682 kilos de cocaïne dans l'appareil.
Quatorze personnes ont été mises en examen parmi lesquelles les responsables de la société privée d'aviation SNTHS, un douanier varois et Frank Colin, soupçonné d'avoir orchestré trois vols transatlantiques pour le compte d'un trafiquant français résidant en Espagne (aujourd'hui en fuite). Seul Frank Colin est toujours en détention provisoire.

De nombreux rebondissements

Cette saga judiciaire a été émaillée de nombreux rebondissements, notamment une polémique née sur la géolocalisation des téléphones portables de Nicolas Sarkozy, client de la société d'aviation mise en cause pour des vols ayant eu lieu à la même période et la fuite rocambolesque des deux pilotes français condamnés à 20 ans de prison en République dominicaine.
En République dominicaine, 20 ans de prison ont été requis le 6 mai contre le Français Nicolas Pisapia, dans le cadre de cette affaire. Un autre Français, Christophe Naudin, expert en sécurité aérienne de 53 ans, est quant à lui toujours en détention provisoire pour son implication dans l'évasion, après le rejet de son appel pour contester son extradition en mars depuis l'Egypte, où il se trouvait pour son travail.
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