Dans “Badke”, dix jeunes danseurs palestiniens luttent contre l'enfermement

Badke, la danse de libération
Badke, la danse de libération

Ils sont dix sur scène, dix jeunes danseurs performeurs palestiniens, qui livrent en cette fin de semaine à Marseille leur version de la dabke, une danse traditionnelle du Moyen-Orient, qui, sous leur impulsion, devient tour à tour synonyme de libération ou d'enfermement.

Par Ghislaine Milliet

Le spectacle "Badke", anagramme de dabke, ce sont des envolées endiablées, des pieds qui tapent, des corps déchaînés, des chants tonitruants, puis des ruptures brutales, un couvre-feu, des rythmes lents, des corps qui tombent  pour  renaître avec toujours plus de vitalité, et une musique en boucle de Naser Al-Faris, au son lancinant du mijwiz.

"Chaque danseur a sa propre histoire et sa propre vision du dabke", une danse populaire de mariage


décrit Hildegard De Vuyst, qui a conçu et créé ce spectacle avec Koen Augustijnen et Rosalba Torres Guerrero, donné dans le cadre du Festival de Marseille de danse contemporaine.

Entre tradition et modernisme

Certains ont grandi avec cette tradition, d'autres non. Certains s'en sont lassé, d'autres en ont fait leur métier comme Salma Ataya, 25 ans, qui a débuté comme danseuse de dabke avant d'aborder la danse contemporaine. Fadi Zmorrod, lui, vient
du cirque. Il est cofondateur de l'école du cirque palestinienne.
Présenté dans les médias comme le premier danseur classique palestinien professionnel, Ayman Safiah, a été formé à Londres à la Rambert Scool of Ballet and Contemporary Dance. Samaa Wakeem a aussi suivi une formation classique avant de se tourner vers le théâtre.
Ameer Sabra est adepte du hip-hop, comme les frères Mohammad et Samer Samahnah qui l'ont pratiqué au camp de réfugiés palestiniens Askar près de Naplouse. Maali Maali entraîne un groupe de danse acrobatique, type capoeira, à Ramallah.

De l'enfermement à la libération

Certains décrivent leurs angoisses nées des difficultés à circuler en Israël quand ils sont notamment en tournée. Pour Hildegard De Vuyst, "Badke" et sa musique en boucle, c'est aussi la traduction de cet enfermement et la volonté d'en sortir.
En 2006, le KVS (Théâtre royal flamand de Bruxelles), les ballets C de la B du chorégraphe Alain Platel à Gand (Belgique) et la A.M. Qattan Foundation, une fondation privée implantée à Ramallah et à Gaza, s'associent pour lancer des projets avec
de jeunes artistes palestiniens. Dans ce cadre, après des auditions en 2012, dix danseurs sont sélectionnés pour "Badke", créé en 2013.
Depuis le spectacle a tourné en Cisjordanie, en Israël et à Jérusalem, ainsi qu'au Canada, aux Etats-Unis et en Europe. Il sera à Abou Dhabi en septembre, puis à nouveau en France en octobre notamment à La Rochelle (17-18), le 19 à La Roche-sur-Yon,
avant la Belgique, l'Italie, la Suède.
"Badke", au Silo, durant le Festival de Marseille, jusqu'au 19 juillet
Notre reportage réalisé le 1er juillet, avant le Silo :
Une danse riche et métissée
Des danseurs palestiniens de la troupe interprètent à leur manière la danse traditionnelle dabke, au Silo à Marseille - France 3 Provence - Gilles Guérin


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