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Marseille: malgré des menaces de mort contre un avocat, début du procès d'un trafic de cocaïne

"Aucun avocat de Marseille ne cédera à la menace, nous ne céderons pas aux intimidations", a déclaré lundi Me Bruno, en marge de l'audience. / © MAXPPP
"Aucun avocat de Marseille ne cédera à la menace, nous ne céderons pas aux intimidations", a déclaré lundi Me Bruno, en marge de l'audience. / © MAXPPP

Le procès d'un trafic international de cocaïne depuis l'Espagne à destination notamment de Cannes, a débuté lundi devant le tribunal correctionnel de Marseille sous la protection d'hommes du Raid encagoulés et armés. L'affaire jugée met en scène des figures connues du banditisme marseillais.

Par AFP

Les avocats des 11 prévenus avaient tenté d'obtenir, jeudi et vendredi,  le renvoi du procès, s'estimant dans l'impossibilité de plaider après la réception par l'un des leurs, Pierre Bruno, d'un SMS le menaçant de mort, comme son client Gérard Clar et les avocats de ses coprévenus. Le 14 juin, le parquet de Marseille avait confié à la brigade criminelle de la police judiciaire une enquête sur ce message.

"On te tue toi et ta famille"

"Si tu défends encore Gérard Clar ou si tu le fais sortir en provisoire, on te tue toi et ta famille...", indiquait le correspondant activement recherché par la police. 

"Aucun avocat de Marseille ne cédera à la menace, nous ne céderons pas aux intimidations", a déclaré lundi Me Bruno, en marge de l'audience.

Figures connues du grand banditisme marseillais

L'affaire jugée met en scène des figures connues du banditisme marseillais soupçonnées d'avoir, en 2012,  importé de la cocaïne depuis l'Espagne et fourni deux réseaux de revente, l'un à Cannes (Alpes-Maritimes), l'autre à la cité des Flamants dans les quartiers Nord de Marseille. De janvier à juin 2012, les policiers ont comptabilisé 27 allers-retours en Espagne, certains pour quelques heures seulement.

Gérard Clar, 62 ans, surnommé "Le Géant" en raison de sa taille frôlant les deux mètres, a été condamné tout au long de sa vie à des lourdes peines. Autre figure présumée du banditisme marseillais, plus discret, Djamal Merabet, 55 ans, est aux yeux de l'accusation le co-organisateur de ce réseau composé de quinquas et de sexagénaires. 

Drogue confectionnée près d'Aix-en-Provence

Les convois prenaient la destination d'une villa de Mimet, près d'Aix-en-Provence, où la drogue était confectionnée.

"On l'a pompeusement appelé laboratoire, mais ça fait plutôt penser à +Master Chef+ qu'à la French connection",


a ironisé le président du tribunal Patrick Ardid, en énumérant les objets saisis: saladiers, mixeurs, presse...

Le tribunal a débuté, lundi l'interrogatoire de "l'équipe marseillaise", un réseau de revente gravitant autour d'un snack de la cité des Flamants, dont le gérant Nour Eddine Dahmani, 54 ans, par ailleurs président de l'AS Flamants-Iris, entraîne au football 160 jeunes âgés de 4 à 13 ans.

Jeux de ramis, boîtes de thon...


Questionnés sur les nombreuses écoutes qui charpentent l'accusation, les prévenus assurent qu'ils parlent de jeux de ramis, de pièces de monnaie de collection, de boîtes de thon, de films piratés mais en aucun cas de drogue.

"Jamais de la vie, monsieur le juge, j'ai été dans les stupéfiants",


jure ainsi Hafid Filali, 57 ans, interrogé sur ses contacts avec Djamal Merabet. "C'est très marseillais, des fois on dit des choses, ça ne correspond à rien", s'est-il justifié. Le procès devrait s'achever en fin de semaine.

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