Marseille : 6 questions sur "l'après M", le nouveau fast-food social et solidaire des quartiers Nord

Un fast-food social a été lancé symboliquement dans le 14e arrondissement de Marseille. Il remplace l'ancien McDonald's à l'arrêt depuis sa liquidation judiciaire en décembre 2019. Le lieu avait été "réquisitionné" par des associations pour nourrir les démunis lors du premier confinement.

José Bové a fait le déplacement samedi dernier pour le lancement du fast-food solidaire.
José Bové a fait le déplacement samedi dernier pour le lancement du fast-food solidaire. © Romain Fiorucci / FTV

"L'après M" est le nouveau fast-food social et solidaire à Marseille. Lancé samedi 18 décembre, il prend la place du McDonald's, liquidé un an plus tôt. Situé dans le 14e arrondissement, l'établissement s'installe dans le quartier Saint-Barthélémy où le taux de pauvreté est de 35 %.

Les porteurs du projet comme Fathi Bouaroua ont décidé d'appeler ce fast-food "L'après M" comme après McDonald's. Le "M" du nouvel établissement reprend le logo de l'enseigne américaine.

Ils ont voulu tourner la page en gardant une trace du passé.

"On est en train de réparer l'erreur de McDo quand ils sont partis. Il y a eu une perte de 100 emplois, nous voulons donner un nouvel élan à ce lieu", indique à France 3 Salim Grabsi, l'un des porteurs du projet.

À l'arrêt depuis sa liquidation judiciaire en décembre 2019, le McDonald's a été dans un premier temps très utile pour des associations lors du premier confinement. Derrière, des associations, d'anciens salariés du McDo et des habitants se sont unis pour porter ce projet de fast-food social et solidaire.

Une association est même née "Après McDo", présidé par Fathi Bouaroua, connu notamment pour être l'ancien co-président d'Emmaüs Pointe Rouge. 

Avec ce lancement, l'association veut laisser la place à une Scic, une société coopérative d'intérêt collectif, où serait représentée les salariés et ex-salariés, les habitants du quartier, les financeurs et les pouvoirs publics.

"Il y aurait trois collèges de décideurs. Et le point positif, c'est que tous les bénéfices sont réinvestis dans le champ social", explique Salim Grabsi.

Ce fast-food doit permettre un retour vers l'emploi de personnes des quartiers Nord notamment. Il devient désormais un restaurant d'application.

"Il permettra de donner des formations qualifiantes à des femmes et des hommes cabossés par la vie et issus des quartiers populaires", rapporte Salim Grabsi.

L'après M accueille désormais des familles et fixe des prix en fonction des revenus des clients.

"On cherche avant tout à combattre la misère et d'aider nos quartiers", souligne Kamel Guemari, ex-salarié et syndicaliste de McDo de Saint-Barthélémy.

"Il permettra à des familles de venir manger correctement à des prix raisonnables. C'est ça qui est important", rappelle Salim Grabsi.

Lors du lancement, des menus de hamburgers bio ou végan, imaginés par des restaurateurs locaux, ont notamment été proposés aux clients. La plupart, issue du quartier, sont venus en famille pour soutenir le lieu.

"Et c'est très bon", indique à France 3 un père de famille et ses enfants. 

A terme, la nouvelle enseigne va proposer des burgers solidaires pour tous, avec des prix adaptés selon les revenus des clients.

Le local appartient toujours à McDonald's France. Les responsables de l'association "après M" espère un geste de l'enseigne comme la cession pour un euro symbolique.

"Nous sommes en danger, il y a urgence. Tout doit être réglé", d'après Fathi Bouaroua.

" Tout le monde est prêt à démarrer, il nous manque que le feu vert de McDo", d'après Salim Grabsi.

Si McDonald's décide de vendre le terrain ou le local à un acheteur, alors le projet pourrait être remis en cause. Mais les associations ont le soutien des pouvoirs publics, certains élus sont venus sur place ces dernières semaines comme le député LREM Saïd Ahamada.

Avec la crise du coronavirus, le "McDo" marseillais de Saint-Barthélémy avait été "réquisitionné" pour centraliser l'aide alimentaire à destination des plus démunis.

Salim, Charlotte, Naïma et des représentants d’associations ont constitué des paniers quotidiens pour les habitants les plus démunis. 

L'ancien McDo était une banque alimentaire durant le premier confinement, un lieu central pour de nombreux habitants de certains quartiers de la ville.

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