Une semaine pour comprendre les mystères du cerveau

La semaine du cerveau propose au public de nombreuses manifestations pour mieux comprendre le cerveau et l'initier aux dernières découvertes scientifiques.

Les recherches en neurosciences, qui permettent de décortiquer le fonctionnement du cerveau, avancent à grands pas avec des applications
comme l'interface entre cerveau et machine porteuses d'espoirs pour les personnes handicapées, des progrès que les scientifiques souhaitent partager.

La Société des neurosciences organise à partir de lundi la "Semaine du cerveau", grand rendez-vous annuel pour initier le public à ces nouvelles découvertes. En France, plus de 30 villes participeront à cet événement et une soixantaine de pays dans le monde. Des dizaines de conférences, café sciences, ateliers dans les écoles, spectacles et expositions sont proposés jusqu'au 20 mars à Paris, en province mais aussi en Outremer.

Les villes qui participent en Paca


"Nous sommes convaincus que la population est intéressée par les résultats de nos recherches", souligne Roland Salesse, spécialiste des mécanismes du message olfactif, qui coordonne la "Semaine du cerveau". "C'est aussi une manière de sensibiliser au fonctionnement du système nerveux pour que les gens prennent davantage soin de leur santé", dit-il.
 
"Le cerveau humain compte de l'ordre de 90 milliards de neurones. Mais tous ces neurones ne sont pas égaux entre eux en terme de rôle fonctionnel", explique Jean-Antoine Girault, président de la Société des neurosciences.

De nombreuses avancées ont été enregistrées ces dernières années. En particulier, "des progrès considérables ont été réalisés pour la compréhension des mécanismes de l'apprentissage et de la mémoire", poursuit M. Girault, également directeur de recherches à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Les scientifiques pensaient que des modifications des synapses (contacts entre les neurones) sous-tendaient les mécanismes  d'apprentissage. Mais "on est passé de la description à la démonstration du lien de causalité", dit-il, citant des "expériences récentes" chez l'animal au cours desquelles les chercheurs sont parvenus à modifier des contacts synaptiques, ce qui a pour effet de perturber l'apprentissage.

A long terme, cela apportera des clés de compréhension sur les mécanismes en jeu chez les enfants qui ont des difficultés d'apprentissage. Une autre avancée majeure concerne la capacité de stimuler ou d'inhiber une population de neurones très spécifiques.

"Progressivement, cela permet de disséquer le rôle de différentes populations de neurones dans le cerveau de l'animal mais on pourra l'extrapoler à terme chez l'homme", commente M. Girault.


Addictions et troubles alimentaires 

Les chercheurs déterminent ainsi progressivement quelle population de neurones est responsable de tel comportement ou de telle altération du comportement dans des domaines très divers. Par exemple, chez l'animal, ils sont déjà en mesure de comprendre quels neurones bloquent la mobilité, quels sont ceux qui déclenchent le sommeil ou des troubles du comportement comme l'agressivité.

"C'est une petite révolution", juge le chercheur. Car ces découvertes auront à terme de nombreuses applications chez l'homme dans les comportements pathologiques comme les addictions ou les troubles alimentaires. 

"Déterminer le câblage du système nerveux, faire la cartographie exacte de tous les circuits, de toutes les connections des neurones est un enjeu majeur. Nous ne comprendrons pas le fonctionnement précis du cerveau si nous n'établissons pas la carte de toutes les connections", résume-t-il.

Pour ce faire, les scientifiques peuvent s'appuyer sur les "progrès extraordinaires" réalisés dans l'observation du fonctionnement du cerveau
grâce à des outils d'imagerie de plus en plus sophistiqués, observe Roland Salesse.

"Une des percées fondamentales est l'interface cerveau machine", poursuit-il, évoquant par exemple des expériences de pilotage de drones
uniquement par la pensée. L'interface cerveau-machine est un système de liaison directe entre un cerveau et un ordinateur, permettant à un individu d'effectuer des taches, sans passer par l'action des nerfs périphériques et des muscles, explique l'Inserm.

Grâce à un casque muni de capteurs, il permet de contrôler par la pensée un ordinateur ou une prothèse sans solliciter bras, mains ou jambes. "Actuellement, il y a une conjonction unique dans notre histoire entre les domaines de la biologie, de l'informatique ou des mathématiques et de la physique. On n'aurait pas pu faire ça il y a encore dix ans", note Roland Salesse.

A terme, pour les personnes tétraplégiques, commander un robot par la pensée quand elles n'arrivent même plus à appuyer sur les boutons actionnant leur fauteuil roulant, bouleversera leur existence.

Le cerveau et ses mystères st à l'honneur toute cette semaine, le public est invité à rencontrer les chercheurs, comme à Marseille dans cette unité très pointue de l'hôpital de la Timone. Intervenants : Professeur Fabrice Bartolomei, Chef de service Neurophysiologie Clinique et Epileptologie ; Docteur Agnès Trébuchon, Neurophysiologiste Equipe : FAISEAUX Pascal, DI CESARE Francis, Rouy Alexia. ©France 3 Provence Alpes