Pass sanitaire : ce que l'on sait sur les tentatives de fraude au certificat de vaccination en Paca

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Le déploiement du pass sanitaire semble susciter des tentatives de fraude pour obtenir de faux certificats de vaccination. Des documents falsifiés seraient proposés contre 300 euros.

Le pass sanitaire est le précieux sésame qui permet à nouveau de voyager à l'étranger, retourner au théatre ou participer à un festival cet été...

En format papier ou sur l'appli TousAntiCovid, il atteste qu'on est entièrement vacciné, qu'on dispose d'un test RT-PCR négatif ou qu'on est rétabli de la Covid. 

Depuis l'entrée en vigueur du pass sanitaire le mercredi 9 juin, des tentatives de fraude ont été signalées dans la région. Notamment dans les pharmacies où l'on peut se faire vacciner. Mais pas seulement.

  • Tentatives de fraude dans les Alpes-Maritimes 

"Beaucoup de gens me demandent discrètement si je peux, au moment de la vaccination, planter l'aiguille dans leur pull", a rapporté à France Bleu Cyril Colombani, président de l'Union syndicale des pharmaciens d'officine (USPO) dans les Alpes Maritimes.

Dans son officine de la petite commune de Roquebrune Cap-Martin, les tentatives de fraude seraient, selon lui, quotidiennes.

Il relate ainsi à nos confrères que "quelqu'un (lui) a proposé 5.000 euros pour vacciner sa famille", et qu'un autre qui prétendait ne pas avoir le temps de faire un test antigénique avant de partir en voyage, lui aurait proposé "500 euros pour une attestation de test négatif". 

  • Un phénomène marginal en Paca

Le phénomène est "très marginal" selon le président de l'Ordre des Pharmaciens de Paca, Stéphane Pichon. "Mais c'est toujours possible" ajoute-t-il que des anti-vaccins veuillent obtenir de faux certificats comme "ça a toujours existé pour les vaccinations obligatoires, avant la Covid. Ils peuvent très bien demander, c'est à nous de refuser"

Ce que confirme Patrick Raimond, président de l'USPO 13. "Il y a eu quelques sollicitations", peut-être une dizaine  selon lui sur les 750 officines du département.

"Ils essaient de truander" sur les certificats de vaccination ("Est-ce qu'il a moyen qu'on dise que je suis vacciné et vous injectez le vaccin à côté ?") ou sur les tests PCR ("Est-ce que je peux avoir un certificat sans avoir le test dans le nez parce que ça me fait mal ?"). 

A sa connaissance, il n'y a pas eu de proposition de monnayer "le service". "Ils tentent le coup, se font rembarrer par le pharmacien et ils vont voir ailleurs".

Le pharmacien souligne que pour les anti-vaccins intransigeants, il y a une autre option que la fraude. "Le plus simple pour eux, s'ils veulent avoir un pass, c'est de faire un test antigénique, il y en a partout, dans toutes les pharmacies, et c'est remboursé par l'assurance maladie pour l'instant."

  • Faux certificats pour 300 euros

De faux certificats circulent de la main à la main autour de Marseille. Bien avant l'entrée en vigueur du pass sanitaire, un candidat au vaccin venu prendre sa première dose au centre de vaccination de Coudoux, dans les Bouches-du-Rhône, s'est ainsi vu proposer un arrangement par un ami, au détour de la conversation.

"Il m'a dit que si j'hésitais à me faire vacciner, il avait un tuyau pour faire faire un certificat avec le numéro de sécurité sociale, le nom exact, et le QR code, pour 300 euros", raconte-il, précisant que n'étant pas intéressé il n'avait pas poussé l'affaire plus avant.

Quelques faux certifs qui circulent sous le manteau ou trafic organisé ? Impossible d'évaluer l'ampleur d'un tel phénomène. La direction départementale de la sécurité publique indique qu'elle n'a reçu aucun signalement. 

  • Un trafic sous surveillance dans les aéroports 

En février dernier déjà, l'office européen de police Europol avait signalé un trafic des faux certificats de tests négatifs au coronavirus dans les aéroports, notamment à Roissy, où de faux documents se vendent entre 159 et 300 euros pièce.

La plupart des pays le demandent actuellement avant d'autoriser l'entrée sur leur territoire. Europol estime que ces trafics aux faux certificats prospèreront tant que les restrictions aux voyages seront maintenues.

Le pass sanitaire est déployé en France afin de minimiser les risques de diffusion épidémique avec la reprise des activités rassemblant plus de 100 personnes au moins jusqu'au 30 septembre.