Une journée pour les femmes en burkini ou jilbeb dans un parc aquatique des Pennes-Mirabeau

Une femme en jilbeb de bain à Berlin en 2012. / © STEPHANIE PILICK/EPA/MaxPPP
Une femme en jilbeb de bain à Berlin en 2012. / © STEPHANIE PILICK/EPA/MaxPPP

Maillot deux pièces déconseillé, hommes exclus, garçons autorisés s'ils n'ont pas plus de dix ans, c'est une sortie dans un parc aquatique de Marseille proposée par une association Smile 13 qui a privatisé pour l'occasion le parc aquatique Speed water parc des Pennes-Mirabeau. Des élus s'offusquent.

Par KB avec AFP

Je compte sur vous pour (...) ne pas venir en 2 pièces"


"Burkini/Jilbeb" autorisés: les consignes données par une association de femmes des quartiers Nord de Marseille pour passer une journée dans un parc aquatique privatisé pour l'occasion ont fait bondir mercredi des élus de droite et d'extrême droite. "Je compte sur vous pour respecter la AWRA et donc de ne pas venir en 2 pièces (parties doivent être cachées de la poitrine aux genoux)", peut-on lire sur l'affiche de l'association Smile 13 et sur sa page Facebook.

Le parc autorise exceptionnellement Burkini/Jilbeb de bain"


est-il également écrit.
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Garçons de plus de dix ans non autorisés

Cette association qui se présente comme une "association socio-culturelle, sportive et d'entraide pour femmes et enfants" explique avoir "privatisé" le Speed Water Parc, situé au nord de Marseille sur la commune des Pennes-Mirabeau, pour le samedi 10 septembre.

Bien entendu il y aura des maîtres nageurs hommes c'est la raison pour laquelle l'association a négocié afin qu'exclusivement le parc autorise la baignade en burkini"



explique-t-elle sur le réseau social, ajoutant que "les enfants garçons sont également autorisés jusqu'à 10 ans".

"Une provocation"

L'affiche a fait réagir des élus marseillais, à commencer par le sénateur-maire DVG de la commune Michel Amiel, qui a annoncé vouloir prendre un arrêté d'interdiction:

Je prends un arrêté municipal interdisant cette manifestation sur la commune au motif qu'il est susceptible de troubles à l'ordre public"


a-t-il déclaré au Parisien/Aujourd'hui en France. "Si, sur le plan strictement juridique, M. le préfet estime qu'il n'est pas légal, il n'a qu'à le déférer au tribunal administratif. Je suis choqué et en colère, je considère cet événement comme une provocation dont on n'a pas besoin dans le contexte actuel. C'est du communautarisme pur et dur", a-t-il ajouté.

"Une question de respect de la femme"

La député LR des Bouches-du-Rhône et maire des 11 et 12e arrondissements Valérie Boyer a publié l'affiche sur Twitter en l'accompagnant d'une tribune pour la dénoncer.

Accepter cette soi-disant mode, c'est conforter le communautarisme dans notre pays, mais c'est aussi une question de dignité de la femme, une question de respect de nos principes fondamentaux"


déclare-t-elle. 

"Cela n'est en rien anodin, la bataille +du voile+ est l'expression visible de la volonté des intégristes de marquer leur territoire et de soumettre les femmes, comme les hommes, en instaurant un territoire où l'islamisme s'affiche en uniforme et organise un véritable contrôle social", écrit-elle encore.

Le FN réagit

Dans un communiqué intitulé "fini le vivre-ensemble, place au vivre avec le communautarisme islamique !", le sénateur-maire FN des 13e et 14e arrondissements de Marseille Stéphane Ravier estime que "cette journée islamique démontre qu'au-delà des discours rassurants des autorités musulmanes, un certain nombre de musulmans se coupent volontairement de notre modèle républicain, et se mettent d'eux-mêmes à l'écart de notre société". "Ce centre aquatique qui accueille avec complaisance cette journée doit prendre ses responsabilités et y renoncer", estime M. Ravier.


"Un coup de canif à notre pacte républicain"

Ce type de manifestation à caractère communautarisme est particulièrement troublant et je regrette que la direction de ce parc aquatique l'ait autorisée",

juge pour sa part le conseille municipal PS, ancien président du groupe socialiste à la mairie, Stéphane Mari. "Maintenir ce type de manifestation qui sera nul doute largement médiatisée est porter un coup de canif à notre modèle républicain et favorisera une fois de plus le parti de ceux qui portent les valeurs de haine et d'exclusion", ajoute-t-il.

Ni l'association, ni le centre aquatique n'ont pu être joints par l'AFP mercredi soir.

 



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