Protocole sanitaire à la rentrée dans les collèges et lycées: trois questions à la représentante du SNES-FSU 13

Le gouvernement n’impose pas le pass sanitaire dans les établissements scolaires mais il entend inciter les parents à faire vacciner leurs enfants dès l’âge de 12 ans. Le protocole sanitaire prévu pour la rentrée des classes par le ministre de l’Éducation nationale soulève bien des questions.
 Le protocole sanitaire prévu pour la rentrée des classes par Jean-Michel Blanquer est très critiqué.
Le protocole sanitaire prévu pour la rentrée des classes par Jean-Michel Blanquer est très critiqué. © DAMIEN MEYER / AFP

C'est le nouveau casse-tête de la rentrée. Au collège et au lycée, si un cas de Covid est confirmé, seuls les élèves vaccinés resteront en classe. Jean-Michel Blanquer prévoit ainsi d’"évincer" les non-vaccinés qui seront renvoyés chez eux, en isolement pendant 7 jours. 

Mais ce nouveau protocole sanitaire annoncé pour la rentrée des classes par le ministre de l’Éducation nationale soulève bien des questions et des critiques.

Les élèves renvoyés suivront-ils les cours à distance comme pendant le confinement, certains ne risquent-ils pas de prendre du retard sur les autres élèves ? les plus en difficulté ne vont-ils pas de décrocher ? Comment tout cela va-t-il s'organier ?

France 3 a posé trois questions à Séverine Vernet, professeur en collège et co-secrétaire générale du SNES-FSU 13. 

Cette annonce de Jean-Michel Blanquer nous a surpris. Nous avions eu en tant que représentants syndicaux SNS-FSU une réunion début juillet avec le ministère et les éléments présentés hier n'étaient pas connus à cette date-là, notamment "l'éviction", telle que l'a formulée le ministère des élèves qui ne seraient pas vaccinés et cas contacts dans les collèges et lycées. 

Les équipements ne sont pas prévus dans les salles de classe pour faire les deux en même temps.

Il faudrait que les classes soient équipées de caméras, que les élèves qui sont chez eux soient eux aussi équipés. Et que l'enseignant soit en capacité de gérer à la fois les élèves qui sont en face de lui, qui posent des questions, qui ont besoin de son regard sur leur travail.. mais aussi ceux qui sont à distance. C'est impossible.

Et il n'est pas certain que pédagogiquement ce soit viable, efficace et pertinent pour nos élèves, qui sont de scollègiens, pas des étudiants.  

Cela soulève beaucoup d'interrogations et surtout beaucoup de colère et d'amertume parce que nous devons continuer à faire face à la crise sans les moyens nécessaires.

Le ministre parle d'un enseignement hybride avec ces élèves qui recevraient un enseignement à distance à la maison, on a pu voir cette année qu'il était très difficile de pouvoir maintenir le lien avec les élèves et un enseignement à distance de qualité, on redoute un décrochage scolaire important.

Même quand on ne fait pas cours en visio mais qu'on propose du travail à distance, on a pu constater beaucoup de décrochage et des élèves qui avaient du mal à suivre.

Nous craignons le même scénario que l'année dernière avec des annonces tardives, des rebondissements tout au long de l'année et des changements d'organisation, et surtout nous devons continuer à faire face à la crise sanitaire et pédagogique sans moyens supplémentaires.

On craint la rupture d'égalité entre les élèves et le creusement de ces inégalités. Nous voyons bien avec ce dispositif-là qu'on est en train de mettre en oeuvre une disposition discriminatoire pour les élèves. 

Il va pénaliser encore plus fortement les plus fragiles, ceux pour lesquels nous sommes les plus inquiets depuis deux ans - car ça fait deux années maintenant qu'ils sont lourdement impactés - et que nous essayons de les porter à bout de bras tout au long de cette crise.  

Non seulement ce n'est pas réaliste, mais en tant que professeur nous n'avons pas à avoir connaissance d'éléments médicaux concernant nos élèves. Nous sommes attachés au secret médical et nous ne sommes pas compétents pour ces tâches adminsitratives, et nous avons d'autres choses à faire.

Cette annonce soulève beaucoup de questions, notamment organisationnelles. Qui va recencer les élèves qui sont vaccinés et ceux qui ne le sont pas, ceux qui sont en cours de vaccination, ceux qui seront vaccinés en octobre, en novembre...

Les personnels de l'Education nationale ont déjà du mal à faire face à l'ensemble de leurs missions, au vu des réductions de moyens chaque année. Ils ne pourront pas assumer cette charge administrative supplémentaire.

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