On vous explique pourquoi la région PACA enregistre le plus mauvais taux en terme de primo-vaccination

La région PACA affiche un curieux record, curieux autant qu'inattendu. C'est dans notre région que l'on enregistre le plus mauvais chiffre en terme de primo-vaccination. Plus mauvais élève en France, bon dernier. Comment cela s'explique ?
Nice et tout le département des Alpes-Maritimes parmi les bons élèves en terme de primo-vaccination.
Nice et tout le département des Alpes-Maritimes parmi les bons élèves en terme de primo-vaccination. © Hélène Maman / FRANCE TELEVISIONS

En PACA, le taux de primo-vaccination est de 57 %. Ce chiffre peut sembler bon, mais comparativement à d’autres régions, on est très en dessous.

Ainsi, c’est près de 65 % en Normandie ou encore près de 64 % en Nouvelle-Aquitaine, selon Santé Publique France.

En réalité, nous sommes "les plus mauvais" de l’ensemble des régions de France.

Mais il y a des disparités à l’intérieur des départements, y compris à l’intérieur de la région PACA.

Ainsi, si l’on peut distribuer les bons et les mauvais points, c’est dans les Alpes-de-Haute-Provence où l'on a le moins reçu la première dose de vaccin, 53, 6 %.

A l’autre extrémité, les Alpes-Maritimes affichent un taux de 64,7 %.

Du côté de l’ARS PACA, on se refuse à tout commentaire d’analyse, malgré nos demandes, voici ce qu’indique l’entité qui dépend du gouvernement : "on constate en effet une nette avance dans le département des Alpes-Maritimes, il y a néanmoins beaucoup de paramètres à étudier pour le moment et nous n’avons pas le recul nécessaire."

S’agissant des Alpes-Maritimes, explique le professeur Michel Carles, chef du service infectiologie du CHU de Nice,

Cela ne me surprend pas, la métropole niçoise a mis en place très rapidement des vaccinodrômes et ainsi a répondu à la demande. Au départ, les recommandations du gouvernement allaient dans le sens de favoriser certains candidats à la vaccination, les plus fragiles

selon le professeur Michel Carles.

"Très vite, à Nice, les centres se sont ouvert à tous, les doses restantes bénéficiant à l’ensemble de la population. Ailleurs, cela n’a pas été le cas et beaucoup se sont dits, je ne suis pas prioritaire, donc c’est que je ne risque rien aux yeux du gouvernement" ajoute-t-il.

Schématique mais imparable.

Le Pr Michel Carles, chef du service d’infectiologie du CHU de Nice au chevet d'un patient.
Le Pr Michel Carles, chef du service d’infectiologie du CHU de Nice au chevet d'un patient. © FTV

Si l’on suit ce raisonnement, c’est vrai que l’offre joue bien logiquement sur le fait qu’on est plus enclin à se faire vacciner.

"C’est peut-être moins le cas en rural" précise Michel Carles. Dans les Hautes-Alpes, on peut imaginer que l’accès à la vaccination y est moins facile, en terme d’accès ou d’offre.

Autre raison toujours en lien avec cela, à la campagne, on se sent moins concerné par la maladie, cela semble lointain. A Briançon, par exemple, pas d’unité d’urgence, c’est donc moins clivant.

A l’opposé à Nice, la communication appelant la population à aller se faire vacciner a été forte et les structures adaptées, des centres avaient même fermés certains jours faute de public.

Discours contradictoires

Dans les Bouches-du-Rhône, le chiffre de primo-vaccination est de 54%, un chiffre qui pourrait être meilleur mais il a pu y avoir des réticences face à des discours contradictoires.

Certains observateurs pointent ainsi du doigt la communication faite par le professeur Didier Raoult, responsable de l'IHU, Institut Méditerranée Infection à Marseille qui ont pu ainsi générer le troubler chez les candidats à la première injection.

"Au plan national, la communication gouvernementale a plutôt été efficace quant à la campagne de vaccination" estime Michel Carles "mais il y a eu des problèmes de compréhension notamment sur le port du masque, à l’extérieur, les gestes barrières, mal perçus ou mal compris dans certains territoires de PACA."

Aujourd’hui, selon les derniers chiffres, 31 % des 12-18 ans seulement ont obtenu une dose en France contre 90 % des 50-80 ans. Depuis le début de la campagne de vaccination contre le Covid-19, 40.719.515 Français ont reçu au moins une injection et "34.026.476 personnes ont désormais un schéma vaccinal complet, soit 50,5 % de la population totale", rapporte le ministère la Santé ce mardi 27 juillet.

Il sera difficile, estime les experts, concernant les plus jeunes d’avoir de bons chiffres, "on peut comprendre la réticence des parents" estime Michel Carles.

Les infectiologues redoutent la défiance de certains concernant la vaccination. A Nice, un cortège avait rassemblé 6.000 personnes selon des chiffres de la préfecture samedi 24 juillet.
  
Les infectiologues redoutent la défiance de certains concernant la vaccination. A Nice, un cortège avait rassemblé 6.000 personnes selon des chiffres de la préfecture samedi 24 juillet.    © Laurent Meney FTV

Reste, sur la population générale, le mouvement des opposés aux vaccins.

"Incompréhensible, irrationnel," estime l’infectiologue ou ceux qui cultivent le nomadisme sanitaire si l’on peut dire à répéter les tests PCR ou antigéniques dont le médecin rappelle que ces derniers ne sont fiables qu’à 70 %.

Pour Alain Fischer, "il est urgent de se faire vacciner". Invité de la matinale de France Inter, ce mardi, le président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale en France a insisté : "Il est urgent de se faire vacciner." "Le taux d'incidence double chaque semaine en France", avec une augmentation de "60 % des hospitalisations" et "80 % en réanimation" en une semaine. 

"Ce sont les personnes non vaccinées qui sont les victimes" principales de cette quatrième vague, selon lui.

D’ici quelques semaines, le personnel médical devra être vacciné, reste à savoir ce que décideront les plus récalcitrants d’entre eux.

Car s’ils sont écartés, les services de soins pourraient en pâtir lourdement.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
paca économie covid-19 santé société vaccins - covid-19