Eyguières : une futur centrale hydroélectrique sur le canal d'irrigation

Lancé en 2014, le projet de centrale hydroélectrique prend forme. La puissance de l'eau du canal de Craponne permettra de terme de produire 5GWh par an, soit l'équivalent de la consommation électrique de 800 à 900 habitants

Construction de la centrale hydroélectrique sur le canal de Craponne
Construction de la centrale hydroélectrique sur le canal de Craponne © France 3 Provence-Alpes
L'eau, dans le canal d'irrigation de la Craponne, s'écoule avec un débit de 15 mètre-cube par seconde, c'est la pleine saison. Cette source d'énergie durable va bientôt se transformer en électricité.
Sur le bord du canal, des ouvriers travaillent, sans relâche. Quatre entreprises (Rampa, Roux TP, Eiffage Energie, HPP) ont répondu à l'appel d'offre pour la construction d'une centrale hydroélectrique. Si tout va bien, en juin 2019, la centrale sera mise en service et produira 5GWh par an, soit l'équivalent de la consommation électrique de 800 à 900 habitants.
L'eau du canal va être déviée dans une conduite de 2,60 mètres de diamètre enfouie sous terre et long de 460 mètres pour atteindre une turbine. Cette turbine qui ressemble à un gros réacteur d'avion sera installée dans un bâtiment de 190 M2, actuellement en construction.

Cette centrale va produire une énergie entièrement renouvelable en utilisant uniquement les débits du canal d'irrigation. Il n'y a aucun prélèvement supplémentaire dans les rivières

explique Jean-François Brun, chef de service Maîtrise d'ouvrage Société du Canal de Provence.

Un budget de 4 millions d'euros

Pour arriver à l'aboutissement de ce projet, les gestionnaires du Canal de Craponne et du Canal de Provence ont constitué un Groupement d'Intérêt Economique (le GIE Centrale hydroélectrique d'Eyguières).
Le groupement a réalisé un emprunt de 4 millions d'euros sur 25 ans auprès des banques. Les recettes de vente d'électricité permettront de rembourser l'emprunt et les bénéfices futurs seront redistribués aux deux partenaires, au prorata des parts sociales.

Les charges liées aux fonctionnements de nos structures augmentent comme partout, mais nos revenus restent les mêmes, on ne peut pas demander aux agriculteurs, déjà en difficulté, de payer plus. Cette centrale fait partie de ces nouvelles ressources financières, tout en gardant une éthique environnementale

indique Gaetan Guichard, directeur du Syndicat des Arrosants de la Crau.
L'eau du canal utilisée par la centrale retournera ensuite dans le canal d'irrigation. Pour les Arrosants de la Crau, cette centrale s'inscrit dans un avenir durable.

Reportage : Hélène Bouyé et Mélior Mouamma

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
environnement société énergies renouvelables énergie
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter