Témoignage. "On voit quelqu'un qui se noie, on saute, voilà !", le récit du sauvetage d'un plaisancier tombé à l'eau

Publié le Écrit par Annie Vergnenegre

Ce mercredi, un octogénaire est passé par-dessus bord dans le port de plaisance de Port-de-Bouc dans les Bouches-du-Rhône, il a été sauvé grâce à la bravoure de deux agents de la capitainerie.

Ne lui dites pas que c'est une héroïne. Maëliss Gaillard, 38 ans, estime juste avoir fait ce qu'il fallait faire. Dans la matinée de ce mercredi 22 mai, l'assistante de direction de la capitainerie de Port-de-Bouc et Magdallena Santos, la secrétaire d'accueil, reçoivent un appel paniqué d'un usager. Un homme est en train de se noyer sous ses yeux. "On n'a pas cherché à comprendre, on est parties en courant", raconte la jeune femme. "On était dans le bureau et quand on a reçu cet appel, on s'est dit, en fait, on n'a pas le temps de prévenir qui que ce soit, il faut qu'on y aille".   

"Il était inconscient dans l'eau"

Alors qu'il barrait son voilier pour une sortie en mer, un habitué du port, âgé d'environ 85 ans, a fait un malaise et est passé par-dessus bord. "Son bateau était à la dérive, je crois qu'il est revenu à la nage parce qu'un petit est passé sur le ponton et a crié 'papy, papy, y a quelqu'un qui t'appelle', détaille Maëliss.

Quand les deux agents arrivent sur place, deux personnes tentent difficilement de garder la tête de l'homme hors de l'eau, depuis le quai. "Elles le tenaient à bout de bras, mais il était déjà inconscient dans l'eau", se souvient Maëliss. L'homme semble avoir convulsé.

Pas une minute à perdre. "Ma collègue avait sauté dans l'eau, moi, j'étais au téléphone, et quand j'ai vu que mon patron ne pouvait pas venir, j'ai sauté aussi". A elles deux, elles parviennent à relever l'homme d'environ 130 kilos. "Avec le poids de l'eau en plus, et un corps inerte, c'était compliqué". L'adrénaline leur donne une force qu'elles ne soupçonnaient pas.

Quand vous êtes dans une situation comme ça, vous vous sentez capables de choses dont vous ne seriez pas capable d'habitude.

Maëliss Gaillard

à France 3 Provence-Alpes

Les uns le tirent sur le quai, pendant que les deux femmes dans l'eau tentent de le soulever. Ensemble, ils parviennent à mettre l'homme en sécurité sur la terre ferme, au prix d'une côte cassée.

Arrêt cardio-respiratoire et crise d'épilepsie

Le sauvetage n'est pas terminé. La victime est inconsciente, elle est placée en position latérale de sécurité. "J'avais les pompiers au téléphone, ils m'ont demandé : 'est-ce qu'il a un souffle ?', on sentait comme s'il ronflait et on avait l'impression qu'il y avait un souffle". Mais l'homme est déjà en arrêt cardio-respiratoire. Heureusement, les pompiers arrivent à temps pour entreprendre le massage cardiaque qui va le ranimer. 

L'intensité de ce qu'elle vient de vivre déclenche une crise d'épilepsie chez Maëliss. "Je suis épileptique reconnue, mais je suis traitée donc normalement ça va... Je pense que c'est le choc". Revenue à elle, la jeune femme cherche aussitôt à prévenir des proches par les contacts qu'elle trouve dans le téléphone portable du plaisancier. Elle parvient ainsi à joindre sa fille et à l'avertir de son transfert à l'hôpital Nord. Depuis 13 ans qu'elle travaille à la capitainerie de Port-de-Bouc, elle connaît tout le monde. "Je voyais très bien qui c'était et ça m'a fait mal de le voir comme ça", confie-t-elle. 

"N'importe qui aurait fait la même chose"

La Ville a salué leur acte de bravoure sur les réseaux sociaux. "Nous, ça nous fait plaisir", dit Maëliss humblement, très touchée par les commentaires des clients du port saluant leur engagement. "Mais c'est un réflexe, on voit quelqu'un qui se noie, on saute, voilà !, n'importe qui ferait la même chose, je pense".

Avant que l'ambulance n'évacue le blessé vers l'hôpital, ses deux anges gardiens ont pu brièvement échanger quelques mots avec lui et constater qu'il allait bien. "Il nous a demandé si son bateau était bien amarré, et si on avait bien récupéré ses clés et ses papiers", s'amuse Maëliss. "Mais je pense qu'il n'a pas vraiment réalisé, on lui a dit 'vous allez bien ? On vous a sorti de l'eau, vous nous reconnaissez ?' et il nous a dit que non, il ne comprenait pas, il était encore sous le choc lui aussi".  Une aventure qui a déjà fait le tour de la petite commune de Port-de-Bouc, où pour Maëliss et Magdallena, héroïnes d'un jour, la vie a repris son cours.

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