Coronavirus : reprise des tournages, fin de droits, l’inquiétude reste vive chez les intermittents azuréens

Sur la Côte d'Azur, la crise prive des milliers d'intermittents de tournages, spectacles et autres festivals. Ce mercredi 7 mai, Emmanuel Macron en visioconférence avec des professionnels du monde de la culture leur a annoncé le soutient de l'Etat.
Emmanuel Macron l'a annoncé ce mercredi 6 mai, il sera aux côtés du monde du spectacle. Le chef de l’Etat a plaidé pour que les droits des intermittents du spectacle « soient prolongés d’une année » au-delà des six mois où leur activité aura été « impossible ou très dégradée », c’est-à-dire « jusqu’à fin août 2021 ».

Une année blanche

Le secteur emploie 1,3 million de personnes en France, parmi elles de nombreux intermittents, qui se retrouvent menacés de radiation par Pôle emploi faute d'un nombre d'heures travaillées suffisant. Refusant le terme "d'année blanche", Emmanuel Macron en adopte les termes en gelant les fins de droits des intermittents jusqu'en août 2021. 

"Je suis éjecté du statut d'intermittent" 

Chaque intermittent a "une date anniversaire", à partir de laquelle il faut travailler 507 heures en 12 mois pour prétendre à l'assurance-chômage. Jean-Louis Paris est photographe de tournage basé à Roquefort-les-Pins et intermittent depuis 30 ans, sa date anniversaire est le 28 février.
 


" En 2019, le tournage de la série pour laquelle je travaille était décalé de mois en mois. Au final, le tournage a eu lieu en septembre et les épisodes ont diminué de moitié. Arrivé en février, il me manquait plus que quelques heures, mais rattrapables grâce à un système de report de droits, j'avais des tournages prévus en mars, ça aurait dû se régler mais, ils ont tous été annulés". Jean-Louis a donc perdu son statut d'intermittent et ses indemnisations. 

"Ayant ma date anniversaire juste avant le confinement, je suis dans la pire situation" - Jean-Louis Paris


Pour lui, les annonces d'Emmanuel Macron ne sont pas suffisantes. "Je pense qu'il faut faire du cas par cas avec les intermittents, je suis loin d'être le seul dans cette situation" conclut-il. 

Quid des ouvertures de droits

Pour un autre intermittent qui a souhaité rester anonyme, la situation est également compliquée. "Cette année, j'étais en ouverture de droit. Avant le confinement, il me restait 20 heures a effectuer pour rentrer dans les clous de l'assurance-chômage". Pour lui, le report de la fin de droit jusqu'à août ne va rien changer, pire encore ces heures ne seront pas comptabilisés dans un nouveau calcul. 

"J'ai l'impression d'avoir travaillé pour rien, je vais perdre mes heures" 


La date aninversaire de ce jeune intermittent était fin mai 2020. Aucune possibilité pour lui de combler d'ici-là ses heures à effectuer alors, il ne voit qu'une seule solution :" j'envisage d'essayer "d'acheter des heures", pour atteindre les 507 heures requises et avoir un revenu" explique-t-il. 
 

L'impossible reprise des tournages

Sydney Wattiez est assistante réalisateur originaire de Grasse, sa date aniversaire est en octobre, l'annonce d'Emmanuel Macron lui laisse un peu de répit. "Il me manquait 200 heures, impossible à faire sans gel des droits. Mais ce n'est pas très clair, est-que cela concerne tout le monde ? J'attends des précisions" explique-t-elle.
 

Pour elle, difficile d'envisager une reprise des tournages :" Je ne vois pas comment est-ce que l'on va pouvoir respecter les règles sanitaires. Je m'inquiète, si l'on doit être dix sur un tournage, mon travail de 3ème assistante réalisateur peut disparaître" raconte-t-elle.

Dans sa visioconférence, Emmanuel Macron a également annoncé la mise en place d'un fonds "d'indemnisation temporaire" qui pourra s'appliquer "au cas par cas pour les séries, pour les tournages qui doivent être annulés ou reportés".

"Même si les projets en cours sont reportés, j'ai peur que les assurances ne suivent plus pour de nouveaux projets par peur d'une deuxième vague..." - Sydney Wattiez


Même constat pour Jean-Louis Paris, la reprise n'est pas pour demain. "Quand on tourne un film, toute l'équipe est agglutinée derrière la caméra, les acteurs doivent se toucher... Les scènes se passent dans des lieux publics, on a besoin de plages, de restaurants" conclut-il. 

 
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