Djihadisme : la radicalisation de Sarah avait été signalée aux autorités

Interviews : Marc-Etienne Lansade, maire de Cogolin; François Molins, Procureur de la République de Paris // Repoartage : O.Chartier-Delègue; K.Schmid

Dans l'enquête sur les attentats déjoués à Paris, parmi les 3 femmes interpellées le 8 septembre dernier figure Sarah, une jeune habitante de Cogolin. Sa mère avait signalé sa radicalisation aux autorités il y a maintenant un an.


C'est notamment par Sarah, refoulée de Turquie en 2015 alors qu'elle tentait d'aller en Syrie, que se fait, selon l'enquête, le lien avec d'autres jihadistes français. La jeune femme, qui vit dans le Var, était "l'ancienne promise" de Larossi Abballa, qui a tué un policier et sa compagne le 13 juin à Magnanville (Yvelines), puis d'Adel Kermiche, l'un des deux auteurs de l'attaque du 26 juillet dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime).

Le frère de son compagnon actuel est incarcéré pour ses liens avec Abballa. "On ne voyait que son visage et ses mains, mais c'était récent. Avant elle n'était pas voilée", a raconté une commerçante voisine du salon de coiffure tenu par la mère de Sarah à Cogolin. Cette dernière avait "crié au secours" l'année dernière à propos de la radicalisation de sa fille, a expliqué Marc Etienne Lansade, le maire FN de cette ville du Var.
Les enquêteurs estiment que le commando a été "téléguidé" depuis la Syrie et s'interrogent notamment sur le rôle du jihadiste français Rachid Kassim. Originaire de Roanne, ce dernier joue depuis la zone irako-syrienne un rôle actif de propagande pour l'EI, appelant à frapper la France.

"Des éléments ont étayé qu'il avait été en contact via Telegram avec l'une des protagonistes", relève une source proche de l'enquête. Les appels au meurtre de Kassim ont pu inspirer les cibles évoquées par le commando de femmes, précise une autre.
Des liens ont été établis entre Kassim et au moins un des tueurs d'un prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray. Il a par ailleurs félicité l'auteur de l'attentat qui a fait 86 morts le 14 juillet à Nice, dans une vidéo mettant en scène l'exécution de prisonniers syriens.