Gap : Jacques Gamblin en solitaire sur les planches du Théâtre la Passerelle

Je parle a un homme qui ne tient pas en place sera sur la scène du Théâtre de la Passerelle de Gap les 10 et 11 mars prochains. / © Nicolas Gerardin
Je parle a un homme qui ne tient pas en place sera sur la scène du Théâtre de la Passerelle de Gap les 10 et 11 mars prochains. / © Nicolas Gerardin

Les 10 et 11 mars « Je parle à un homme qui ne tient pas en place » sera à l’affiche du Théâtre la Passerelle de Gap. Un spectacle qui relate la correspondance entre Gamblin et Coville, un ami navigateur, alors en péril. Coup de projecteur sur une histoire qui vous fera chavirer.
 

Par Sarah Desreumaux

2014. Thomas Coville s’attaque pour la quatrième fois au record du tour du monde à la voile en solitaire à bord de son trimaran de 30 mètres. Mais les conditions climatiques sont telles qu’il perd rapidement tout espoir de succès. C’est alors que Gamblin apparaît comme un soutien indéfectible au travers de mails qu’il rédigera 30 jours durant.

Une correspondance singulière, à sens unique car le navigateur absorbe les mots emplis de courage de son ami à terre mais sans lui répondre dans un premier temps. Lorsqu’il se décide à échanger, né un dialogue d’une intensité extraordinaire.

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Un second souffle  

Bien que l’écriture soit dans l’ADN de Jacques Gamblin, en témoignent les nombreux textes dont il est l’auteur ; il s’est prêté à un véritable exercice d’équilibriste dans ses messages à Coville. Que dire en effet à un petit point jaune sur une carte au milieu de l’océan ? Quels sont les bons mots ? Faut-il persister malgré l’absence de réponse ? l'artiste répondra qu’il a d’abord eu « peur de déranger ».

« Alpha tango me reçois-tu ? J’espère ! Et si tu me reçois, comment me reçois-tu ? Qu’est-ce que cela te fait ? Du bien, du mal ? Si tu ne me reçois pas je continue. » Des paroles qui traduisent la posture de supporter qu’adopte Gamblin vis-à-vis de son acolyte qui a pris le large.  
 
Jacques Gamblin a correspondu pendant 30 jours avec Thomas Coville sans savoir si ce dernier recevait bien ses mails. Productions du dehors. / © Productions du dehors
Jacques Gamblin a correspondu pendant 30 jours avec Thomas Coville sans savoir si ce dernier recevait bien ses mails. Productions du dehors. / © Productions du dehors

Thomas Coville confiera ensuite à nos confrères du Parisien : « Tant que je suis en compétition, je ne réponds pas mais je lis ».

Pour un skipper qui ne vit que pour les records et le dépassement de soi, l’abandon sonne comme un couperet. Et le sportif peut vite sombrer dans la dépression et les idées noires. C'est pourquoi, même si cela fût le moment le plus périlleux pour son ami, Gamblin continua de lui écrire.

C’est l'instant où le navigateur saisi la main qui lui est tendue. Il répond alors en écrivant tout ce qu’il a sur le cœur, sans filtre et ni relecture. De quoi gommer ses blessures physiques et psychologiques.
 

Deux hommes, une amitié

Ce spectacle d’une intensité inédite puise toute sa richesse dans l’authenticité des paroles prononcées par Gamblin qui est à la scène ce que Coville est à la mer : un grand professionnel passionné. Cette pièce a pour vocation de rendre publique la relation intime qui unie les deux hommes. Des liens qui se renforcent à mesure que l’expédition se complexifie.
 
La distance qui sépare Gamblin et Coville renforce les liens entre les deux hommes. / © Nicolas Gerardin
La distance qui sépare Gamblin et Coville renforce les liens entre les deux hommes. / © Nicolas Gerardin

L’amitié qui existe entre ces deux êtres qui semblent géographiquement et mentalement opposés, est bien réelle. Ils partagent en fait bien des points communs dans leur domaine de prédilection respectif. Alors que Jacques Gamblin s’est illustré dans tous les aspects de son art, tantôt en tant qu’auteur tantôt d’acteur, tant au cinéma qu’au théâtre ; Thomas Coville s’essaie, lui, à tous les styles de navigation. Polyvalence et recherche de la performance habitent donc les deux compères. Des caractéristiques rendant d’autant plus intelligibles leurs écrits réciproques.

Du record au succès

À partir de cette histoire unique qu’ils ont tous les deux vécus dans sa plus grande intensité, Jacques Gamblin a créé un spectacle. Une pièce où, une fois n’est pas coutume, il n’est pas un personnage sur scène mais un homme, un vrai. Jacques dans le rôle de Gamblin. Pas d’histoire non plus, mais une formidable aventure humaine.
 
Jacques Gamblin prend la décision de mettre en scène sa correspondance avec Coville en 2016, date à laquelle ce dernier bat le fameux record auquel il s'était attelé. / © Yannick Perrin
Jacques Gamblin prend la décision de mettre en scène sa correspondance avec Coville en 2016, date à laquelle ce dernier bat le fameux record auquel il s'était attelé. / © Yannick Perrin

Surfant sur la vague d'un succès incontestable, « Je parle à un homme qui ne tient pas en place » a été nominé aux Molières 2018. Quant à Coville, sorti indemne et grandi de son expédition en 2014, il battra deux ans plus tard le record qu’il avait érigé comme objectif de vie. Un exploit qui fut lui-même surpassé par François Gabart en 2017.

Si les records n’ont qu’une durée de vie limitée, le spectacle, lui, devrait rester graver dans les annales à jamais !
 

Informations :

Je parle à un homme qui ne tient pas en place
Théâtre la Passerelle à Gap
10/03 et 11/03 à 20h30
Durée : 1h30
Tarif : 6 à 30 €
Réservations : ici

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