Le garde des Sceaux monégasque veut “remettre de l'éthique et de la déontologie”

Laurent Anselmi devant le palais de justice de Monaco en octobre 2017. / © VALERY HACHE / AFP
Laurent Anselmi devant le palais de justice de Monaco en octobre 2017. / © VALERY HACHE / AFP

Le nouveau garde des Sceaux monégasque Laurent Anselmi a réaffirmé dans une interview au Journal du Dimanche "que tout magistrat, quel qu'il soit" ne sera pas renouvelé dans la principauté éclaboussée par l'affaire du milliardaire russe Dmitri Rybolovlev.

Par AFP

"Monaco n'est pas une rente pour les magistrats, ni un lieu où couler ses vieux jours. Je ne veux plus que l'on puisse dire d'un seul d'entre eux qu'il a été renouvelé par ce qu'il a fait preuve de docilité ou de servilité", explique Laurent Anselmi nommé en octobre 2017 par le prince Albert dans le sillage de l'affaire de l'oligarque Dimitri Rybolovlev.

Monaco, dont la justice fonctionne avec des magistrats français, a décidé en janvier de leur imposer une rotation plus rapide. "Un changement brutal et unilatéral" dénoncé par le syndicat majoritaire USM qui y voit "une manoeuvre" liée au scandale autour de M.Rybolovlev.

L'oligarque russe et président de l'AS Monaco, engagé dans un bras de fer judiciaire avec le marchand d'art suisse Yves Bouvier, aurait selon les derniers éléments de l'enquête profité de ses bonnes relations avec les dirigeants de la police monégasque et avec l'ex-garde des Sceaux de la principauté pour piéger M. Bouvier qu'il poursuit pour "escroquerie".

Le garde des Sceaux estime qu'"il faut remettre de l'éthique et de la déontologie là où il n'y en a plus"


M. Anselmi qui "(s')interdit de renouveler tout magistrat quel qu'il soit", précise à l'hebdomadaire que "rien n'interdit" au juge chargé de l'affaire, M. Levrault en poste jusqu'à l'automne 2019, de "poursuivre sa mission". "Je souhaite de tout mon coeur qu'il aille au bout des investigations".
Le garde des Sceaux estime qu'"il faut remettre de l'éthique et de la déontologie là où il n'y en a plus", et garantit qu'avec lui "il n'y aura pas de connivences".

L'affaire Rybolovlev est "devenue une véritable affaire d'Etat. L'institution judiciaire, tout entière atteinte, en a été meurtrie", relève-t-il.

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