Embrun : huitième jour de grève de la faim pour des migrants menacés d'expulsion

© Maxppp Laurent Thevenot
© Maxppp Laurent Thevenot

Une vingtaine de migrants hébergés à Embrun ont entamé une grève de la faim car ils craignent d'être expulsés vers la Norvège ou l'Italie, pays par lesquels ils ont transité avant d'entrer en France. C'est là qu'ils doivent faire leur demande d'asile en vertu d'une directive européenne.

Par AV avec AFP

Khalid est Soudanais. Comme une vingtaine d'autres migrants, il est arrivé il y a  plusieurs mois à Embrun :

Si je retourne dans mon pays, ils me tuent.


Au huitème jour de grève de la faim, leur détermination est intacte. Ils ne veulent pas être expulsés. Ils sont âgés de 20 à 40 ans,  certains sont venus du Soudan, d'autres de l'Érythrée. Ils sont actuellement hébergés au centre d'accueil et d'orientation (CAO) d'Embrun.

Ils sont "susceptibles d'être renvoyés dans leur pays d'entrée de l'espace Schengen comme le prévoit le règlement européen Dublin
III",
explique Jean-Michel Flandrin, porte-parole de l'inter-collectif Migrants Alpins - qui regroupe une quinzaine d'associations et collectifs dans les Hautes-Alpes, les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes et la Savoie. 

"J'ai quitté le Soudan à cause de la guerre civile. Je ne voulais pas porter les armes. Je suis parti et considéré comme révolutionnaire aux yeux du gouvernement. Si je retourne dans mon pays, ils m'arrêtent et me tuent",


confie Khalid, 33 ans, arrivé en octobre en France via l'Italie où il n'a pas déposé de demande d'asile. "Si j'y retourne, je serai renvoyé au Soudan." 

"Un recours a été déposé devant le tribunal administratif de Marseille par France Terre d'asile et notre départ est suspendu", précise le Soudanais Adam, 42 ans, porte-parole des grévistes de la faim. Deux d'entre eux ont déjà leurs billets pour la Norvège et sept pour l'Italie, ajoute le doyen du groupe, arrivé en France en septembre.

Aucun n'a obtenu le droit de déposer une demande d'asile en France - procédure notamment "refusée à six Soudanais sur sept qui pouvaient demander l'asile", proteste Michel Rousseau, de l'association Tous Migrants à Briançon - et ils sont pessimistes sur leurs chances d'aboutir en Italie. 

Un représentant de la préfecture a prévenu mercredi les migrants, indique Adam: 

si vous n'arrêtez pas la grève de la faim, nous prendrons des décisions rapides. D'une façon ou d'une autre, la loi sera appliquée.

Sollicitée, la préfecture n'a pas fait de commentaires, faisant valoir la période de réserve électorale. 

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