Gap : Abattu pour une place de parking handicapé

Un homme en fauteuil roulant a tué par arme à feu son voisin d'immeuble ce midi à Gap. C'est un conflit pour une place de parking réservée aux personnes en situation de handicap qui serait à l'origine du drame.

Le tireur a abattu la victime en bas de leur immeuble
Le tireur a abattu la victime en bas de leur immeuble © Lucie Robert

Il n'y a qu'une seule place de parking réservée aux personnes en situation de handicap en bas de cet immeuble de huit étages. Et c'est semble-t-il cette situation qui a conduit au drame ce midi à Gap, entre deux habitants.

D'un côté, un homme en fauteuil roulant d'une soixantaine d'années, "on lui ouvrait la porte, il nous parlait, nous disait de rester sage" confie un adolescent qui habite l'immeuble d'en face. De l'autre, un père de quatre enfants qui vivait là en famille, connu et apprécié dans ce quartier sans histoire proche du centre-ville. D'après un voisin, il avait lui aussi une reconnaissance de handicap qui lui permettait de se garer sur cette fameuse place, la mieux située, juste en face de la porte de l'immeuble. Mais ce n'était pas l'avis de son voisin en fauteuil.

Il l'attend au rez-de chaussée, armé

Le conflit couvait depuis longtemps, et c'est dans la matinée de samedi qu'il vire au tragique. Plusieurs habitants parlent d'une première agression du père de famille, vers 8h30, on évoque des menaces et un couteau. Sous le choc, il aurait décidé de se rendre à l'hôpital, accompagné de son fils. Mais son voisin veut en découdre, et il l'attend au rez-de-chaussée de l'immeuble, armé. Deux coups de feu sont tirés. Le père de famille âgé de 65 ans est tué, touché mortellement à la poitrine gauche. La porte du sas d'entrée du hall porte encore l'impact d'une des balles tirées. 

P. habite au premier étage et raconte alors comment des membres de la famille, affolés par les tirs, commencent à descendre en hurlant vers la scène de crime.

Je les ai faits rentrer chez moi, pour éviter un autre drame. Ensuite j'ai appelé la police.

Un habitant de l'immeuble

Le tireur retranché dans son appartement

Le tireur est rentré chez lui quand cinq hommes de la Brigade Anti-Criminalité de Gap arrivent devant son appartement. Le Raid est en route pour intervenir, mais après quelques minutes de dialogue à travers la porte, les policiers haut-alpins parviennent à l'interpeller, sans heurts.

 

De nombreux habitants se sont rassemblés pour comprendre ce qui avait pu provoquer un tel drame
De nombreux habitants se sont rassemblés pour comprendre ce qui avait pu provoquer un tel drame © Lucie Robert

Dans un premier temps, le parquet de Gap a ouvert une enquête judiciaire pour assassinat (meurtre avec préméditation), confiée à la Brigade de sûreté urbaine du commissariat de Gap (BSU). La préméditation a en effet été retenue par le parquet en raison du différend qui serait survenu le matin. Ce lundi matin, Florent Crouhy, le procureur de la République de Gap, a confirmé le "déferrement du suspect au pôle criminel de Grenoble".

"Je suis choqué" répète un habitant du quartier "j'y croyais pas". Ils sont nombreux à s'être rassemblés devant l'immeuble, avec tous la même question : "Pour une place de parking, comment c'est possible?". D'après le voisinnage, 3 personnes handicapées résident dans cet immeuble pour une seule place de parking. En France, depuis l'arrêté du 24 décembre 1980, 5% des places d'un parking doivent être réservées aux personnes à mobilité réduite. 

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