Gap : le corps sans vie retrouvé dans la Durance serait celui d'une migrante, selon une association

Migrants au col de l'échelle (Hautes-Alpes) / © Photo Piero Cruciatti/AFP
Migrants au col de l'échelle (Hautes-Alpes) / © Photo Piero Cruciatti/AFP

Selon l'association "Tous migrants", le corps retrouvé dans la Durance le 9 mai dernier serait celui d'une jeune migrante de 21 ans, originaire du Nigéria. L'autopsie a conclu à un décès par noyade, mais selon le procureur de Gap, la victime n'a pas encore formellement été identifié. 

Par Ghislaine Milliet

Selon Raphaël Balland, le procureur de Gap, le corps retrouvé le 9 mai dernier au barrage de Prêle, sur la commune de Saint-Martin de Queyrières "n'a pas encore été formellement identifié".
Selon les médecins légistes, la victime (une femme de couleur) serait décédée à la suite d'une noyade, mais l'enquête se poursuit pour "tenter de connaître avec précision les circonstances de ce décès".

Sur cette affaire, l'association "Tous migrants" apporte sa version. Elle établit un lien avec la disparition d'une jeune migrante le 7 mai dernier, au hameau de la Vachette, non loin de la Nationale 94, en direction de Briançon.
Ce jour là, selon "Tous migrants", "aux alentours de 5 heures du matin, un groupe composé de trois personnes étrangères, dont deux hommes et une jeune femme, marchaient en suivant la nationale 94 (...) lorsque cinq policiers dissimulés ans les fourrés ont surgi brusquement sur la route nationale en allumant des torches électriques et en criant "police, police".
Les trois étrangers se seraient alors enfuis en se dispersant, poursuivis par les policiers. Depuis, seule la jeune femme n'a plus donné signe de vie. Il s'agit de Mathew Blessing, âgée de 21 ans, et d'origine nigériane.

Un "manque d'obligation de prudence"

L'association dénonce "le manque (des policiers) aux obligations de sécurité et de prudence". Elle a déposé un signalement auprès du procureur de la République afin que "la justice fasse toute la lumière sur les circonstances ayant abouti à ce drame".
Dans son communiqué, l'association insiste sur plusieurs points qu'elle juge essentiels :
"- pratiquement toutes les nuits, des accidents sont évités de justesse au prix de souffrances nouvelles et parfois de blessures.
- les dangers sont aggravés depuis ces dernières semaines par la débâcle, le renforcement de la présence policière et la présence active des « identitaires » qui collaborent avec la Police pour traquer les personnes migrantes en pleine montagne, sur les chemins et les routes.
- rappelons que le village de La Vachette est traversée par la Durance qui, en cette période de l’année, connaît un débit très important, avec une température de l’eau de quelques degrés seulement. Toute chute d’une personne dans la rivière constitue un danger fatal.
- rappelons que les demandeurs d’asile ne sont pas des personnes en situation irrégulière, pas plus que les mineurs isolés".

500 migrants depuis janvier

Depuis un an, les Hautes-Alpes connaissent un afflux de
migrants, essentiellement d'Afrique de l'Ouest, arrivant d'Italie par les cols frontaliers.
En 2016, 315 personnes en situation irrégulière avaient été refoulées, contre 1.900 en 2017. Ce chiffre se situerait autour de 500 depuis le début de l'année, selon la préfecture.

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