Trois passeurs présumés devant la justice à Gap, porte d'entrée des candidats à l'immigration en Europe

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Écrit par Sidonie Canetto
les carabiniers du côté de la frontière italienne à Montgenèvre;
les carabiniers du côté de la frontière italienne à Montgenèvre; © VALÉRIE VOYRON / MAXPPP

Ce lundi 8 novembre, deux dossiers de passeurs ont été examinés au tribunal judiciaire de Gap. Des interpellations, il y en a chaque semaine. Ces candidats à une vie meilleure en Europe transitent tous les jours par ce secteur pour rallier l'Allemagne, l'Espagne ou encore le Royaume-Uni. Reflet d'une situation tendue à la frontière transalpine.

À Montgenèvre, dans les Hautes-Alpes, à la frontière franco-italienne chaque semaine des passeurs sont interpellés.

Le procureur de la République de Gap ne constate pas d'explosion du problème migratoire. "Il y a un peu plus de 50 passeurs jugés depuis le début de l’année", précise Florent Crouhy, procureur de la République de Gap.

Le parquet de Gap cible ces passeurs qui appartiennent à des réseaux  et qui exploitent la détresse des demandeurs d'asile moyennant rémunération.

Deux dossiers ont été examinés ce lundi 8 novembre au tribunal de Gap. Trois personnes comparaissent. Ils ont été appréhendés le 5 novembre dernier à la frontière franco-italienne de Montgenèvre par les forces de l'ordre.

Ils tentaient de franchir la frontière avec des personnes en situation irrégulière. Dans le premier, il s’agit d’un homme de 37 ans originaire d’Algérie, domicilié à Saint-Étienne dans la Loire. Il a tenté de passer la frontière avec trois étrangers en situation irrégulière dans son véhicule, deux égyptiens et un tunisien.

Dans le second dossier, c’est un couple hispano-colombien, demeurant tous deux en Espagne. Ils ont été interpellés le 5 novembre à 20 heures 55 à la frontière de Montgenèvre avec 14 étrangers en situation irrégulière, de nationalité indienne et pakistanaise, dans leur véhicule.

Une situation tendue

Le 24 octobre, l’association Refuges Solidaires a fermé les portes du nouveau refuge de Briançon pour surpopulation. Le refuge peut accueillir 80 personnes, le nombre est monté jusqu’à 150. Pour l’association, "l’afflux continu et important de réfugiés menace la sécurité et l’accueil digne des personnes".

Les personnes accueillies avaient trouvé un abri dans la gare de Briançon, avant que l’église Sainte Catherine prenne le relais en attendant une solution pérenne. L’association dit avoir sollicité la Préfecture des Hautes-Alpes et l’ARS sans réponse à ce jour.

La nuit dernière, une trentaine de migrants a dormi sous des tentes, l'église ne pouvant plus laisser à disposition la salle paroissiale. cette nuit encore, alors que les premières neiges sont tombées, les réfugiées vont passer la nuit sous des tentes.

"Murgia, patrimoine de l’inhumanité" et "dans ta ville, + 100 personnes dorment dehors"

"Nous subissons cette situation de crise mais la ville de Briançon, ça n’est pas cela, ce sont des fortifications inscrites au patrimoine mondial de l’humanité et l’une des plus belles stations de ski des Alpes", annonçait le 6 novembre dernier Arnaud Murgia, maire de Briançon.

Un message qui n'a pas laissé de marbre les associations, qui ont réagit ce lundi en déployant des banderoles justement sur les remparts de Briançon.

La partie émergée de l’iceberg

Les comparutions immédiates et les convocations au tribunal d’après garde à vue ne sont que la partie émergée de l’iceberg que constitue le passage des réfugiés à la frontière. "Ce sont ceux qui traversent en voiture et passent devant la police aux frontières, le reste et le plus important se font à pied", précise le procureur.

La nuit dernière encore, le PGHM de Briançon a dû intervenir dans la soirée et en pleine montagne, dans le secteur du Mont-Janus pour porter secours à huit migrants qui traversaient à pied et souffraient d'hypothermie. Ils ont été transportés à l'hôpital de Briançon.

Selon les chiffres de la préfecture des Hautes-Alpes, 1.442 personnes en situation irrégulière ont été décomptées sur le territoire haut-alpin en 2020, contre 1.543 en 2019.

En 2020, 73 passeurs ont été interpellés.

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