REPLAY. Débat départementales 2021 pour le canton de Gap dans les Hautes-Alpes, ce qu'il faut retenir

Le département des Hautes-Alpes en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, est composé de 15 cantons. Le président actuel, Jean-Marie Bernard (LR) a été élu en 2015, il est candidat à sa propre succession lors des 20 et 27 juin prochain. Le débat du jour s'est attaché au canton de Gap 4.

Le débat du canton de Gap 4 pour les départementales est revenu sur l'emploi, le désenclavement et les projets d'énergie renouvelable.
Le débat du canton de Gap 4 pour les départementales est revenu sur l'emploi, le désenclavement et les projets d'énergie renouvelable. © FTV

Le département des Hautes-Alpes en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, est composé de 15 cantons et de 30 conseillers départementaux ancrés majoritairement à droite.

Le président actuel, Jean-Marie Bernard (LR) a été élu en 2015, il est candidat à sa propre succession lors des 20 et 27 juin prochain.

Aujourd'hui, le débat est centré sur un canton en particulier, celui de Gap 4.

Pour revoir le débat, c'est ici.

Dans ce canton, ce sont Bénédicte Ferotin et Lionel Para les deux conseillers sortants.

Petite particularité dans ce canton des Hautes-Alpes, les deux élus sortants se représentent mais sur des listes concurrentes.

Lionel Para est associé cette fois-ci à Evelyne Colonna et Bénédicte Ferotin à Stéphane Roux.

Qui sont les candidats?

Dans ce canton, s'opposent aussi deux listes de gauche, celle de Pimprenelle Butzbach et Bernard Derbez (UGE) contre celle de Pierre-Yves Lombard et Vanessa Picard (DVG).

Les candidats ont expliqué pour quelle raison, il y a deux fois deux listes plutôt que deux binômes, un à droite et un à gauche.

Pierre-Yves Lombard a précisé "être déjà sur ce canton, il y a six ans, avec la même équipe et [avoir] voulu dans la continuité [se] présenter dans le même canton".

Pour Pimprenelle Butzbach, "le souhait était de faire un rassemblement de la gauche, qui a débuté, il y a plusieurs mois, nous étions tous présents mais il y a eu des histoires de méthodes". Un rapprochement râté que semblent regretter les deux candidats.

En face, un peu plus de tension, avec Bénédicte Ferotin qui semble subir une éviction de la liste de la majorité actuelle et mal digérer cet état de fait.

"Moi j'aurais bien aimé, mais les choses ont été décidées autrement par cette majorité. Je m'estime légitime en tant que 6e vice-présidente en charge du patrimoine culturel et pour le gros travail que j'ai pu accomplir au département. Mais des choix ont été faits et il faudra demander à ceux qui ont fait ces choix pourquoi, car moi je subis ces choix".

"J'ai le soutien de Roger Didier, le maire de Gap, si vous voulez être conseiller départemental efficace à Gap, il faut savoir travailler en équipe avec la mairie, j'ai également le soutien du président du département, Jean-Marie Bernard", précise Lionel Para candidat (DVD) à sa propre succession. 

Parmi les thèmes abordés lors de ce débat, le RSA, le retour à l'emploi, la formation, le désenclavement et les aérodromes.

Aide sociale 

La politique sociale est l’un des principaux postes de dépenses du département à hauteur de 80 millions d'euros.

Le RSA est une charge gouvernementale, mais distribué par le département, son montant est fixe. Pourrait-il être complété par une aide du département? 

Pour Pimprenelle Butzbach "les 18-29 ans est la population qui souffre le plus de la pauvreté. Les jeunes subissent de plein fouet la précarisation, les inégalités se creusent, et elles sont encore encore plus dramatiques avec le covid. Le département ne va pas changer le RSA, mais pourrait aider davantage".

"Nous avons élaboré un programme de 100 propositions pour agir pour le social, pour le lien social", insiste Pierre-Yves Lombard qui est fortement pour cette mesure.

Lionel Para a vu, lui, au sein du département, cette dépense augmenter dernièrement.

"On est passé sur le RSA de 20 millions d'euros à 25 millions d'euros avec la crise", précise-t-il, avant d'ajouter qu'il est contre cette mesure et plutôt favorable à d'autres outils pour aider le retour à l'emploi.

Pour sa collègue sortante, et concurrente désormais, le constat est le même : "On a une  jeunesse qui souffre énormément, 1/3 de la population du département sont des jeunes".

Pour autant, comme Lionel Para, elle préconise des aides au démarrage d'activité "comme l'extension de la garantie jeune qui allie accompagnement du projet professionnel et un revenu", plutôt que le  RSA, qui "peut-être une aide dont on a du mal à sortir". 

Pierre-Yves Lombard souhaite mettre en place "les schémas existants dans d'autres départements pour réinjecter l'argent de l'aide social dans des entreprises qui créeraient des emplois à but social et solidaire".

En tant que chef d'entreprise, Lionel Para est convaincu que le stage est le sésame pour un premier pas dans le monde du travail. "Les jeunes, on leur fait confiance, ce qui est important c'est de faire le premier pas avec des stages dans des entreprises, pour connaître le fonctionnement".

Retour à l'emploi

"On a travaillé le projet ensemble avec des centaines personnes, consultable sur notre site. Pour les jeunes, une des propositions est de permettre au département de développer une résidence étudiante qui n'existe pas à Gap. Ils ont besoin de ce coup de pouce", explique Pimprenelle Butzbach.

Une affirmation qui a fait bondir son adversaire, Bénédicte Ferotin, qui a expliqué qu'une telle "résidence existe bel et bien, avec des jeunes actifs, des jeunes en insertion au sein du foyer des jeunes de Gap". 

Elle précise qu'elle n'est "pas opposée au RSA, mais en aide ponctuelle, pour ne pas tomber dans l'enracinement dans la durée de cette aide car elle ne le trouve pas assez impulsant vers l'emploi".

Dans les propositions concrètes, dans un territoire soumis au tourisme hivernal et basé sur les stations de ski, Pierre-Yves Lombard propose de "créer la maison départementale des saisonniers, avec un volet physique et un volet numérique pour aider à trouver et un logement et un emploi".

Désenclavement

La particularité de ce département des Hautes-Alpes, département de montagne en fait le territoire le plus enclavé de France, tant au niveau des liaisons ferroviaires, routières que pour les télécommunications.

C'est une des missions à venir du département, oeuvrer pour le désenclavement.

Et c'est dans ce but que la liste de gauche écologiste emmenée par Pimprenelle Butzbach a décidé de faire de la politique différemment assure-t-elle, "nous sommes en lien avec les citoyens et leurs attentes, c'est une nouvelle façon de construire avec les acteurs de terrain, les associations et les usagers".

C'est surtout la qualité des routes qui est une compétences du département, que Lionel Para a insisté: "C'est notre rôle d'entretenir les routes, de les déneiger, qu'elles soient propres et sûres, c'est notre action principale", assure l'élu sortant.

L'éloignement des aéroports et des gare TGV est un souci effectivement pour le désenclavement, selon Pierre-Yves Lombard : "Il nous faut trois heures pour rallier l'aéroport le plus proche, trois heures pour rallier la gare TGV la plus proche, l'autoroute c'est l'arlesienne du département. Nous, nous soutenons les transports durables avec le projet de trajets TER à 2 euros maximum, et gratuits pour les jeunes de moins de 25 ans".

Bénédicte Ferotin se prononce en faveur "d'un désenclavement doux, avec des pistes cyclables, un vrai projet de mobilité douce à avoir. Avec 31 millions d'euros investis chaque année sur les routes, les pistes cyclables devraient être systématisées et voir enfin la rocade aboutir."

Les candidats ont aussi insisté sur le désenclavement numérique et sont revenus sur les différents projets pour les énergies renouvelables, les panneaux solaires, et pourquoi pas des aérodromes destinés aussi à l'aviation durable.

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