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“Je ne savais pas si j'allais tenir” : l’Avignonais Lilian Eymeric réussit sa descente des 812 km du Rhône à la nage

Lilian Eymeric à l'arrivée de la dernère étape de son "Défi Rhône" à Port-Saint-Louis / © Céline Chabaud
Lilian Eymeric à l'arrivée de la dernère étape de son "Défi Rhône" à Port-Saint-Louis / © Céline Chabaud

Le nageur sauveteur originaire d'Avignon, Lilian Eymeric, a réussi le pari fou de parcourir à la nage les 812 kilomètres du Rhône, de la Suisse à Port-Saint-Louis du Rhône, sur dix jours pour aider les malades de la mucoviscidose. 

Par Emma Derome

Il est arrivé épuisé, samedi 10 août à Port-Saint-Louis, après avoir parcouru à la nage les 812 kilomètres du Rhône en dix jours.

Le sportif originaire d'Avignon, Lilian Eymeric, a réussi le défi fou de parcourir le fleuve de sa source, au glacier du Saint-Gothard, en Suisse, jusqu'à son embouchure, dans les Bouches-du-Rhône.

Chaque jour, en 12 heures d'effort, l'ancien pompier, aujourd'hui sauveteur en mer sur l'île Maurice, a nagé 80 kilomètres. Un exploit sportif qu'il a préparé depuis un an afin de récolter des fonds pour les malades de la mucoviscidose. 
 

Publiée par Lilian Eymeric - Défi Rhône - 812 KM à la nage sur Samedi 10 août 2019

À son arrivée à 16h30, attendu par ses proches et de nombreux soutiens, il réalise enfin ce qu'il a accompli. "Je suis content d'avoir atteint mon objectif. Avant de se lancer dans ce genre de défi, on ne sait jamais vraiment si l'on va réussir." 

Malade dès le quatrième jour

L'aventure a pourtant failli tourner court. Au 4e jour, alors qu'il atteint Seyssel, en Haute-Savoie, il boit la tasse à cause des remous causés par des péniches. Il tombe malade, est atteint de vomissements, puis de fièvre.

J'ai pensé à mes enfants et aux enfants malades. Je me devais d'être un exemple.

Affaibli, dans l'impossibilité de s'alimenter tout en continuant à nager dans des conditions extrêmes, Lilian s'est fait peur, et a fait peur à ses proches.

"C'est vrai que j'ai vécu des moments difficiles. Avec les médicaments, j'ai cru que je n'allais pas me réveiller, mais par chance le corps s'est remis en route le lendemain. J'ai beaucoup pensé à mes enfants, Eva, Hugo et Vaina, aux enfants malades et à ceux qui s'identifient à moi. Je me devais d'être un exemple."

Retour aux racines

Les conditions météorologiques n'ont pas non plus toujours été en sa faveur. Avant d'arriver à Avignon, Lilan rencontre des difficultés à cause d'un vent sud qui lui arrive de face pendant 40 kilomètres.

Retrouver la terre de mes racines, ça m'a fait vraiment fait plaisir. 

Arrivé dans le Sud, la chaleur écrasante du mois d'août a également testé ses limites. Mais Lilian regagne en motivation en atteignant la terre qui a bercé son enfance, au neuvième jour. 

"Ça m'a vraiment fait plaisir de revenir sur la terre de mes racines. J'ai reçu beaucoup de soutien de mes anciens collègues et connaissances de Saint-Saturnin-lès-Avignon, et il y avait énormément de monde à l'arrivée."

Relier Maurice et la Réunion à la nage dans une cage anti-requin

Lilian n'en n'est pas à son coup d'essai. Il a déjà fait le tour de l'île Maurice à la nage en 2014. En 2016, il relie à la nage l'île Maurice à la Réunion en trois jours, sans s'arrêter. Il parcourt ces 236 kilomètres dans une cage anti-requins en 51 heures, battant au passage un record du monde. 
 

"C'est sûr, c'était compliqué, il fallait passer deux nuits sans sommeil. Ce qui me plaît, c'est de repousser mes limites, de repousser les limites du corps humain. J'aime le côté sportif de l'exploit, mais aussi de travailler sur ma force mentale." 
 

Pompier à Haïti lors du séisme de 2010

Ses défis sportifs ont à chaque fois eu pour point de départ une volonté de lever des fonds pour soutenir les enfants malades. En 2016, Lilian s'associe avec l'association T1 Diams, qui vient en aide aux personnes diabétiques de type 1.

Cette année, il lève des fonds pour la Holdem Foundation Academy, qui favorise la scolarisation et l'autonomie des enfants handicapés, et pour "À bout de souffle", l'association qu'il a créée pour venir en aide aux enfants atteints de la mucoviscidose. 

J'ai été pompier à Haïti lors du tremblement de terre. Ce que j'ai vu a changé ma vie.

Le nageur raconte volontiers l'évènement à l'origine de cette générosité, qui a changé sa vie. "Je suis déterminé à aider les enfants depuis que j'ai été pompier à Haïti lors du tremblement de terre. Ce que j'y ai vu m'a changé, a bousculé ma vie à tout jamais. Depuis, j'ai toujours voulu aidé les enfants." 

Dernier défi ?

Lilian a perdu 7 kilos lors de son "Défi Rhône". Aujourd'hui, il se sent fatigué, et a envie d'arrêter le sport extrême pendant quelque temps. 

"Ce genre de projet demande énormément de préparation. Ça fait un an que j'organise ce défi. Je me suis entraîné pendant 6 heures par jour, 6 jours sur 7, suivi par des médecins et des coachs. Ça commence à faire beaucoup pour ma femme et mes enfants." 
 

Père d'une petite fille de 2 ans, Vaina, avec sa femme mauricienne Yolaine, le sportif va retourner sur son île pour se consacrer à d'autres projets. Sa dernière idée ; tourner un film autour du dépassement de soi "un peu comme Le Grand Bleu, de Luc Besson."
 

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