Journée internationale des droits des femmes. Nicole Ferroni et ses camarades nous racontent comment pratiquer l'humour au féminin après #MeToo

Publié le
Écrit par Katia Chaumulon .

Elles développent un humour féroce. Nicole Ferroni et bien d'autres humoristes déconstruisent les préjugés sur le féminisme avec leurs sketches. Du vécu sur leur vie de femme raconté avec le sourire pour apaiser les relations homme/femme après #MeToo. Pour la journée internationale des droits des femmes, nous vous proposons quelques extraits du documentaire "Les femmes préfèrent en rire".

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Est-ce qu’un féminisme salutaire et apaisé, nécessaire après #MeToo, pourrait se populariser par l’humour ? C’est ce que pense une nouvelle génération de femmes humoristes et stand-upeuses, jeunes et majoritairement issues de la diversité. Effrontées, insolentes, la bouche en cœur, elles parlent d’elles pour déconstruire les préjugés sur le féminisme. Même si pour cela elles sont souvent confrontées à des insultes et quelques menaces de mort, les femmes, elles, préfèrent en rire.

Un humour nouveau, insolent et genré

Depuis quelques années, les femmes humoristes et les stand-upeuses se bousculent sur les plateaux. Mordantes, le regard aiguisé, ces dames de piques déploient leurs armes de dérision massive. Hyper féminines, assumées, jeunes et en partie issues de la diversité, elles balancent un humour nouveau, insolent, genré, la bouche en cœur, en vous regardant droit dans les yeux. Elles n’épargnent rien ni personne.

Elles abordent dans un humour déjanté des sujets particulièrement brûlants et franchement inédits dans l’humour : violences conjugales, sexisme, harcèlement et consentement, rapports sexuels, honte des règles, inceste, port du voile, religion, maternité ... tout y passe...

Partant de leur vécu (règle d’or du stand-up, tout doit être vrai – ou presque), elles parlent des femmes, des hommes, de l’amour et de la féminité tout en dénonçant les dominations en tous genres.

Ce faisant, elles déconstruisent les préjugés sur le féminisme et alimentent une improbable liaison entre féminisme et humour et inversement. Même si elles sont souvent confrontées à des insultes et quelques menaces de mort, les femmes, elles, préfèrent en rire.

  • Dans cet épisode, Nicole Ferroni nous raconte sa conception du féminisme à travers l'humour.
durée de la vidéo: 02 min 24
Nicole Ferroni dans "Les femmes préfèrent en rire" ©FTV

Le féminisme c'est devenu un truc marketing

Nicole Ferroni

"Ne prenez pas ma condition de femme pour en faire du marketing. En fait je veux pas que moi on m'utilise ou qu'on utilise les femmes pour faire passer une politique désagréable". Pour elle le message passe par le rire, il y a de bonne chance que ce soit plus convaincant.

Un feel good movie

Marie Mandy, la réalisatrice qualifie ces "comiques d’office" qui défendent en réalité une vision du monde à laquelle elle peut s'identifier. Elle est allée vers ces femmes avec la sensation qu’il y avait là quelque chose d’inédit à explorer.

La manière dont elles parlent du politique, des hommes, des discriminations, de la violence faite aux femmes, du corps "objectisé" lui a semblé non seulement réjouissante mais aussi politiquement indispensable. "Elles font un travail de fond pour rendre aux femmes de la visibilité, une liberté de pensée et de parole."

En rencontrant ces femmes et en explorant leur humour, la réalisatrice a réalisé qu'elle avait tous les ingrédients pour un feel good movie qui nous divertirait, qui serait drôle parfois, poignant sûrement, tout en nous interpellant avec force.

  • "Les femmes préfèrent en rire", avec Nicole Ferroni (d’Aubagne), Farah (belge née d'un père marocain et d'une mère espagnole), Florence Mendez (belge), Constance (qui a grandit dans l'Oise), Roukiata Ouedraogo (née de parents burkinabé), Samia Orosemane (française née de parents tunisiens), Tania Dutel (lyonnaise d'origine), Laura Domenge (née d’une mère juive marocaine), Alexandra Pizzagali (fille d'un Italien et d'une Bretonne).

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