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A la découverte des jardins secrets de Menton

Ce dimanche à 12h55, Isabelle Ros nous invite avec son film "Jardins d'Eden" à nous imprégner du charme secret des nombreux jardins exotiques qu'abrite la ville de Menton. 
© France 3 Côte d'Azur
Connue pour ses agrumes, la ville de Menton possède aussi de merveilleux jardins, publics ou plus secrets à l'histoire très particulière. Au 19ème siècle, de riches aventuriers d'origine britannique, passionnés de botanique, sillonnent le monde pour ramener des végétaux inconnus en Europe. Ces "aristos" à la main verte se tournent très vite vers la Riviera française qui leur offre un micro-climat de type sub-tropical, propre à faire prospérer leurs essences et créer de merveilleux jardins. 

Les Mentonnais, qui ne cultivaient alors que des fèves et des pois chiches sur d’étroites bandes de terre, voient arriver avec stupéfaction ces riches excentriques. Plus d’un siècle après, Menton abrite toujours quantité de verts paradis qui ne cessent d’inspirer de nombreux jardiniers. Certains d’entre eux nous ont ouvert leurs portes.


Isabelle Ros répond à nos questions


Pernette Zumthor : Dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, ce titre « Jardins d’Eden » nous tire immanquablement vers la nostalgie. D’un siècle passé, d’une connaissance discrète et surtout secrète. Qu’en est-il réellement ?

Isabelle Ros : Ce film parle en effet de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème, au moment où le chemin de fer est arrivé sur la Côte d’Azur et avec lui de nombreux touristes fortunés qui logeaient dans des palaces ou des demeures privées somptueuses. C’est un milieu élitiste, coupé des réalités sociales de l’époque. Les chasseurs de plantes britanniques qui ont ramené des spécimens exotiques de leurs expéditions lointaines à Menton et crée de magnifiques jardins étaient tous issus de la bourgeoisie ou de l’aristocratie. Il fallait beaucoup de moyens pour s’adonner à ce genre de passion.

PZ : Comment ces paradis s’accommodent-ils de l’urbanisme dévorant- surtout en Côte d’Azur ?

IR : Menton est un lieu à part sur la Côte d’Azur qui bénéficie d’un microclimat très particulier où toutes les plantes exotiques peuvent pousser. Ses nombreux jardins publics et privés sont un atout touristique indéniable et sont donc protégés. Le slogan de la ville est d’ailleurs « Ma ville est un jardin ». La plupart d’entre eux sont classés monuments historiques et n’ont pas - pour le moment -  à s’inquiéter de la pression immobilière.

PZ : Les botanistes britanniques, à qui l’on doit ces créations, ont-ils leur relève ?

IR : On compte une dizaine de jardins remarquables à Menton, certains publics, d’autres privés. Les propriétaires privés sont pour la plupart britanniques, ou du moins anglophones. Ils s’inscrivent ainsi dans le sillon tracé par les botanistes aventuriers comme le Major Lawrence Johnston qui créa dans les années 1920 le jardin Serre de la Madone, un des plus beaux de Menton. Ce sont de riches passionnés qui aiment entretenir cette tradition mais qui ne sont pas particulièrement jeunes. Je ne sais pas ce que deviendront ces jardins après leur disparition d’ici quelques décennies.


Quelques extraits 

William Waterfield, propriétaire du Clos du Peyronnet est le dernier représentant des grands jardiniers anglais de Menton. Son jardin, situé sur les hauteurs de Menton,  inspiré du mouvement « Arts and crafts », a un charme britannique irrésistible, ce que confirme sa compagne, Judith.


A sa façon, Alexandra Boyle est une exploratrice, une chasseuse de plantes exotiques. Cette ancienne éditrice néo-zélandaise qui a longtemps vécu en Angleterre, possède à Menton un écrin de verdure de deux hectares répartis sur une trentaine de niveaux. Depuis 15 ans, elle nourrit un rêve un peu fou : recréer un pan de forêt de Nouvelle-Zélande, son pays natal.

Claude Antoniazzi est le chef jardinier de Serre de la Madone, la référence des jardins mentonnais. Son créateur, le botaniste aventurier Lawrence Johnston, n’a pas hésité pendant plus de 30 ans, à expérimenter dans toutes les directions. Aujourd’hui encore, on continue à faire avancer patiemment son œuvre végétale.

 

Un documentaire d'Isabelle Ros coproduit par France 3 Côte d'Azur et AMDA Productions
Diffusion dimanche 25 septembre 2016 à 12h55

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