Sécurité à “Charlie Hebdo” : l'épouse du policier tué en protégeant Charb porte plainte

Ingrid Brinsolaro a décidé de porter plainte contre X. / © AFP
Ingrid Brinsolaro a décidé de porter plainte contre X. / © AFP

La veuve du policier Franck Brinsolaro, garde du corps de Charb tué avec lui dans l'attentat il y a un an contre Charlie Hebdo, a porté plainte contre X, déplorant les failles dans la sécurité du journal satirique. Son frère jumeau Philippe est capitaine de police à Marseille.

Par AG avec AFP

La sécurité était "une passoire" selon le policier Franck Brinsolaro qui assurait la sécurité de Charb. Ces propos sont rapportés par sa veuve qui a décidé de porter plainte contre X comme le révèle lundi L'Eveil Normand, un hebdomadaire régional dont Ingrid Brinsolaro est rédactrice en chef.
Le frère jumeau de Franck Brinsolaro est également policier, en poste à Marseille. / © Maxppp
Le frère jumeau de Franck Brinsolaro est également policier, en poste à Marseille. / © Maxppp
La plainte a été déposée auprès du procureur de Paris, François Molins, pour "homicide involontaire aggravé par la violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement en application des articles 121-3 et 221-6 du code pénal".

Témoignage sur France 2 ce mardi matin :

"Je veux savoir pourquoi mon mari n'a pas eu les moyens de faire son travail"

"Je veux savoir pourquoi mon mari n'a pas eu les moyens de faire son travail. Depuis un an, je pose des questions et je n'ai pas de réponse", affirme Ingrid
Brinsolaro dans l'hebdomadaire.

"Je veux savoir pourquoi Stéphane Charbonnier ("Charb" selon le pseudonyme du directeur de publication de Charlie Hebdo NDLR) dont mon mari était le garde du corps, ne disposait que d'un service de protection allégé - deux policiers au moment de l'attentat - alors qu'il était l'objet de menaces de mort avérées de la part des islamistes", interroge-t-elle.
Le décès de Franck Brinsolaro a suscité une vive émotion. . / ©
Le décès de Franck Brinsolaro a suscité une vive émotion. . / ©
"Peut-être que s'il y avait eu un plus gros dispositif de sécurité, peut-être que Franck aurait pu sauver plusieurs personnes (...) peut-être qu'il aurait pu abattre un des frères Kouachi", a-t-elle regretté sur les ondes de RTL mardi matin.

Franck Brinsolaro, qui était armé, était aux côtés de Charb au moment de l'irruption dans la salle de rédaction de Charlie Hebdo des frères Chérif et Saïd Kouachi qui ont assassiné quasiment toutes les personnes qui s'y trouvaient.

"Franck a été sacrifié"

"Pour moi, Franck a été sacrifié, il n'y a pas d'autres mots. Il voyait les dysfonctionnements, il regrettait le manque de sécurité dans les locaux, il disait que c'était une passoire et que c'était impossible de faire correctement son métier dans ces conditions-là",a accusé Mme Brinsolaro.

Sur RTL, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a admis que les questions de la journaliste devraient faire "l'objet de réponses". "Il faut que la vérité l'emporte toujours sur toute autre considération", a insisté le ministre. Dans la plainte, il est écrit que "deux faits troublants attestent des manquements de la Direction générale de la sécurité intérieure", la DGSI, précise l'Eveil Normand.
Pour le premier fait, l'avocat d'Ingrid Brinsolaro, Me Philippe Stepniewski, souligne que Charb, bien que figurant sur la liste noire des islamistes, "faisait l'objet d'un dispositif de protection allégé", contrairement à d'autres personnalités dans son cas, comme l'écrivain Salman Rushdie. Le second fait est relatif à un témoignage apporté par un journaliste travaillant à proximité des locaux de Charlie Hebdo qui avait discuté quelques mois avant l'attentat avec un homme qui cherchait à localiser les bureaux du journal.

Ce journaliste en avait informé le chef de mission du service chargé de la protection de Charb, qui aurait rédigé un rapport à l'intention de la DGSI. "Avec ma cliente, nous voulons savoir si ce rapport, (...) a bien été rédigé et transmis", a précisé l'avocat à L'Eveil Normand. Douze personnes avaient perdu la vie le 7 janvier 2015 dans l'attaque de Charlie Hebdo par les frères Kouachi.

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