Marseille : deux policiers renvoyés devant le tribunal correctionnel après un dérapage présumé

Deux policiers accusés de "dérapage" lors d'une intervention après une soirée étudiante comparaissent devant le tribunal correctionnel de Marseille ce jeudi 23 septembre.

La scène a eu lieu dans la nuit du jeudi au vendredi 30 avril dernier. Elle a été filmée par un voisin.

Cette nuit-là, les policiers sont appelés pour un tapage nocturne lors d'une soirée étudiante jugée comme étant "très alcoolisée". Ils interviennent dans le quartier de la gare Saint-Charles à Marseille aux alentours de 2h du matin. 

Sur la vidéo révélée le 3 mai par La Provence, on voit clairement plusieurs policiers s'en prendre violemment à un homme puis à sa compagne qui tente de s'interposer. 

En voyant la police arriver, certains participants à la fête clandestine tentent de s'enfuir par des échafaudages. Parmi eux, un musicien âgé de 23 ans prénommé Elliot. Il est alors accusé de "rébellion, outrage et violences sur la police". Puis, il est violemment plaqué et menotté contre une voiture. 

Deux minutes plus tard, sa compagne qui est infirmière libérale tente de s'interposer. Elle est aussi poussée violemment, projetée au sol et gazée. Suite à cette altercation, elle aura trente jours d'ITT.   

L'homme est ensuite tiré par les cheveux pour être conduit jusqu'à la voiture de police. Le couple passera 43 heures en garde à vue avant d'écoper d'un rappel à la loi. Les policiers, quant à eux, ont fait l'objet d'une enquête de l'IGPN. Le défenseur des droits a aussi été saisi par la partie civile.  

Une "enquête de famille"

Maître Thomas Hugues, l'avocat des deux victimes, va plaider pour que l'enquête soit prolongée. Il dénonce une "enquête de famille" et souhaite qu'elle soit transmise à un magistrat indépendant et impartial : un juge d'instruction. L'avocat réclame aussi une reconstitution des faits. "Mes clients ont été abaissés, blessés et humiliés", clame-t-il. 

Selon lui, le procès verbal rédigé était sciemment incomplet : il voudrait que la justice reconnaisse le "faux en écriture publique" qui relève de l'ordre criminel. Il accuse les policiers de "violences en réunion" et s'étonne que seuls deux d'entre eux soient mis en cause. 

À la veille de l'audition, Me Thomas Hugues n'est pas serein : "Je respecte profondément la police nationale mais je ne suis pas confiant, ça me fait peur", nous a-t-il déclaré. Il ajoute : "J'ai tout le monde contre moi, je vais essayer de sauver les meubles". 

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