Municipales 2020 : “le sud, c'est un petit pays de machos“, portrait de femme candidate parmi les ”animaux politiques”

Marie-Anne Sylvestre
Marie-Anne Sylvestre

Marie-Anne Sylvestre est candidate à la mairie de Beaulieu-sur-Mer, si sa candidature est bien reçue des concitoyens (selon elle), le monde politique est plus conservateur et sexiste. Le combat pour la parité n'est pas fini.

Par C. Becq

Elle est la première femme a se présenter à la mairie de Beaulieu-sur-Mer, Marie-Anne Sylvestre (DIV) est tête de liste "Vivons Beaulieu Autrement". Face à elle, le maire sortant Roger Roux (LR) brigue un quatrième mandat. 

Le fait même de signaler qu'une femme est tête de liste peut sembler sexiste. Pourtant, il est vrai, et notable, que c'est un fait encore trop peu répandu. Dans les Alpes-Maritimes, sur 154 têtes de listes, seules 34 sont des femmes. 
 

Un regard différent

Sans en faire un "argument de campagne" la candidate estime qu'une femme apporte un regard différent sur la politique. Il n'est pas question "de faire sans les hommes, nous sommes complémentaires". Marie-Anne Sylvestre a été adjointe déléguée à l'enfance à l'âge de 32 ans, elle était alors mère de deux jeunes enfants, pour elle c'est un atout. 

A l'époque, seules les mères s'occupaient des enfants, heureusement le rôle de père a évolué - Anne-Marie Sylvestre

Pour la candidate, lorsqu'elle s'est engagée en politique, il fallait tout mener de front. Aujourd'hui, divorcée, deux enfants et quatre petits-enfants, elle estime être plus disponible. 
 

Un manque de légitimité ? 

En politique, la femme est régulièrement cantonnée au rôle d'adjointe à la petite enfance ou à la culture. Lorqu'elle veut prendre la place de maire, la question de la légitimité se pose. Lorsque l'on demande à la candidate s'il est simple de s'imposer : 

Dans le sud, en politique, c'est un petit pays de machistes - Anne-Marie Sylvestre

D'après elle, la société a évolué depuis 30 ans heureusement, mais les hommes politiques restent très conservateurs et sexistes. "Ce sont des vieux hommes blancs" qui laissent difficilement leur place aux autres. Elle prône l'équilibre entre femmes et hommes mais aussi entre jeunes et moins jeunes. 

Sur la question de la légitimité : "Mon adversaire tente de me disqualifier mais je suis confiante car je me sens compétente dans les domaines qui touchent Beaulieu-sur-Mer comme, la sécurité, la métropole ou le domaine public maritime par exemple". 

La candidate espère que son sexe ne sera pas pris en compte dans le vote où se joue l'avenir de la commune. 

Les grandes étapes de la parité en politique

A l'occasion de la journée internationale des droits des femmes (8 mars) on fait le point sur la place des femmes en politique :

  • L’ordonnance du 21 avril 1944 a établi que les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes
  • Révision constitutionnelle du 8 juillet 1999 : Il est ajouté à l’article 3 que la loi « favorise l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives »
  • Loi du 22 juillet 2013 : Extension de la parité dans les listes de candidatures ou pour les nominations aux instances décisionnaires de l’enseignement supérieur et de la recherche.
  • Loi du 17 mai 2013 Instauration du scrutin binominal – une femme et un homme – pour les élections départementales ; modification du scrutin pour les élections municipales et intercommunales visant à favoriser la parité : l’alternance stricte femme-homme est désormais appliquée aux communes de 1 000 habit- tant-e-s et plus, et la liste des candidat-e-s au conseil communautaire devra également respecter cette alternance.

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