Le pass sanitaire bientôt obligatoire dès 12 ans dans les cinémas, centre commerciaux, parcs à thèmes, trains...

Emmanuel Macron a annoncé lundi soir l’extension du pass sanitaire aux lieux de loisirs et de culture accueillant plus de 50 personnes. Les réactions des professionnels sont très partagées.
Emmanuel Macron impose le "pass sanitaire" pour accéder aux les lieux de la vie courante rassemblant plus de 50 personnes.
Emmanuel Macron impose le "pass sanitaire" pour accéder aux les lieux de la vie courante rassemblant plus de 50 personnes. © Bruno Levesque/MaxPPP

A compter du 21 juillet, le pass sanitaire (vaccination avec deux doses ou test PCR négatif) sera le sésame pour aller voir un film au cinéma ou aller faire ses courses dans un centre commercial. Jusque-là, il n’était nécessaire que pour accéder aux lieux rassemblant plus de 1.000 personnes, notamment les stades et les discothèques. 

Par ce pass sanitaire élargi, l’exécutif espère mettre un frein à la propagation du variant Delta qui gagne du terrain sur toute le territoire. Il vise tout particulièrement les 15-35 ans qui véhiculent actuellement le plus le virus. France 3 vous détaille les nouvelles mesures.

A partir du 21 juillet, le passeport sanitaire sera nécessaire pour entrer dans les "lieux de loisirs et de culture" rassemblant plus de 50 personnes.
La liste n'a pas été précisée mais il devrait s'agir des cinémas, théâtres, festivals, concerts, salons et foires... Mais aussi les zoos et les parcs d'attractions.

L'obligation du pass s'appliquera à tous à partir de 12 ans. Or, les 12-18 ans sont encore très peu nombreux à être vaccinés, n'ayant accès au vaccin que que depuis fin juin. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a estimé sur franceinfo qu'il "faudra faire preuve de souplesse, de compréhension dans la mise en œuvre des mesures" pour les adolescents.

A partir de début août, le pass sanitaire sera obligatoire pour aller dans cafés, les restaurants (y compris en terrasse), mais aussi les centres commerciaux. La mesure s’applique aussi bien aux clients qu’au personnel.

Les usagers des transports en commun de longue distance devront également présenter le pass sanitaire dans les avions, trains et autocars. Le pass sanitaire est déjà en vigueur pour embarquer sur les bateaux de croisière qui ont repris le large début juillet. 

Le pass devriendra également obligatoire pour pénétrer dans tous les établissements médicaux : hôpitaux, maison de retraite, établissements médico-sociaux… qu'il s'agisse des visiteurs ou des employés.

Reste à connaître les modalités pratiques de mise en œuvre de ces mesures et les moyens de contrôle. Le projet de loi devrait être soumis au Parlement, réuni "en session extraordinaire à partir du 21 juillet", a annoncé le chef de l'Etat.

En mettant en balance vaccin et "vie sociale normale", Emmanuel Macron cherche à convaincre le plus grand nombre d’indécis. Les annonces présidentielles avaient déjà suscité dès lundi soir un sursaut de prises de rendez-vous sur la plateforme Doctolib.

Près d'un million en quelques heures, dont 65% par des moins de 35 ans, selon le site. 

A Marseille, d'ores et déjà, plus aucun créneau n'est disponible avant septembre. 

On peut cependant obtenir un pass sanitaire sans être vacciné, avec un test PCR négatif ou d'une attestation prouvant que l'on a déjà été atteint du Covid-19 par le passé et que l'on est donc immunisé. Il faut cependant noter qu'à partir de l'automne, les tests PCR ne seront plus gratuits pour tous, comme c'est le cas aujourd'hui.

"Très concrètement, le personnel s’il n’est pas vacciné début août qu’est-ce qu’on fait ? on le renvoie à la maison ? et je fais comment pour travailler?", interroge excédé le patron de la Brasserie des Templiers à Marseille Frédéric Jeanjean, qui est aussi secrétaire général de l’UMI des Bouches-du-Rhône.

"Comment on va faire ? on en sait foutre rien. Moi, si je suis obligé de dire à partir du mois d’août à mes employés de rentrer à la maison, je suis obligé de tirer le rideau", s’alarme-t-il. Selon lui, cette mesure n'aura que pour effet de pousser les jeunes vers les soirées privées sans pass et sans contrôle.

Même sentiment d'impuissance teintée de colère de la part de Robert Abela à la tête de la première zone commerciale de France à Plan de Campagne, entre Aix-en-Provence et Marseille, qui emploie 7.000 personnes et accueille 80.000 à 100.000 clients journaliers en semaine, 200.000 à 250.000 le week-end. 

"Ça va être très compliqué à mettre en place. Contrôler chaque entrée avec le pass, ça veut dire des agents de sécurité supplémentaires, des files d'attente interminables aux portes, des mécontents qui vont s'en prendre au personnel quand vous allez leur demander le passeport sanitaire", s'inquiète-t-il. 

"Mais on va être obligés de le faire", reconnaît Robert Abela, qui a déjà prévu des réunions de travail dès cet après-midi, "c'est simple à dire mais c'est pas simple à faire". Il regrette une décision prise sans concertation avec les professionnels concernés. 

Macha Makeïeff qui dirige le Théâtre national de Marseille juge quant à elle cette mesure nécessaire pour "que les théâtres ne referment plus, que les jauges ne reviennent plus à 35%."

"On est devenus très adaptables et le public responsable, on sera prêts en septembre",  résume la directrice de La Criée, qui n'accueille que des ateliers de moins de 50 personnes en été.

A Avignon, en plein festival qui se poursuit jusqu'au 25 juillet, c'est l'incompréhension. Olivier Py, le directeur artistique "ne remet pas en question la mesure en soi mais (il) ne comprend pas le calendrier". Il ajoute, "pourquoi les artistes et les spectateurs devraient payer le prix plus que les bars ? On est les bons élèves, on respecte scrupuleusement les mesures sanitaires".

La mesure était appliquée jusqu'à présent uniquement à la Cour d'honneur du Palais des Papes qui compte près de 2.000 places, avec de longues
files d'attente pour contrôler à la fois sacs, billets d'entrée et pass. "Cela va être d'une difficulté extrême en termes de personnel et de matériel pour
valider le pass"
, assure le directeur du festival.

Pour sa part, Sébastien Benedetto, président du "off" qui se tient jusqu'au 31 juillet, est dépité : "on accuse le coup. Ça nous change l'organisation en plein milieu de la manifestation". 

"Les festivaliers n'étaient pas préparés à ce qu'on leur demande un vaccin", dit-il, craignant "un coup d'arrêt au niveau de la fréquentation". 

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