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Retrait des panneaux en provençal : le Conseil départemental du Vaucluse rétropédale

Le Conseil départemental avait conseillé aux maires du Vaucluse de déplacer les panneaux situés sous celui indiquant la commune / © Ange ESPOSITO / MaxPPP
Le Conseil départemental avait conseillé aux maires du Vaucluse de déplacer les panneaux situés sous celui indiquant la commune / © Ange ESPOSITO / MaxPPP

Les panneaux indiquant le nom des communes en provençal pourront rester à l'entrée des agglomérations "sous la responsabilité" des maires, a finalement annoncé vendredi le Conseil départemental du Vaucluse. Un rétropédalage qui met fin à une polémique survenue plus tôt dans la semaine. 

Par Emma Derome

Les panneaux indiquant le nom des communes en provençal pourront finalement rester à l'entrée des communes du Vaucluse. C'est ce qu'indique un communiqué du président du Conseil départemental, Maurice Chabert, envoyé vendredi 9 août.

Mercredi, une polémique avait éclaté après la révélation par La Provence du bras de fer qui opposait le Département aux maires concernant ces panneaux traduits en provençal. Placés sous le panneau officiel parfois depuis plus de 30 ans, ces panneaux étaient dans le viseur du Département depuis la fin 2018.

"Les maires devront prendre leurs responsabilités"

Si les communes tiennent à poser ces panneaux juste en dessous du panneau en français, qu’elles prennent leurs responsabilités. Ce n’est pas le Conseil départemental qui les en empêchera.
Maurice Chabert, président du Conseil départemental de Vaucluse

Dans ce nouveau communiqué, Maurice Chabert revient, à demi-mot, sur la position du Département. "Si les communes souhaitent les réinstaller à quelques mètres du panneau officiel en français, elles le peuvent. Et si elles tiennent à les poser juste en dessous du panneau en français, qu’elles prennent leurs responsabilités. Ce n’est pas le Conseil départemental qui les en empêchera." 

Pourtant, le but du Conseil départemental était à l'origine de les faire déplacer en aval du panneau officiel, ou au sein de la commune, pour faire respecter un arrêté du 24 juillet 1967

Celle-ci stipule que doubler la signalétique pourrait réduire la visibilité des panneaux en français, qui délimitent officiellement la vitesse à l’entrée d’une agglomération. "Ces doubles panneaux ont été installés sans autorisation", avait alors expliqué Maurice Chabert.

On nous a expliqué que ces panneaux ne pouvaient pas être en entrée de ville, aux côtés du panneau officiel.
- Nicole Girard, maire des Taillades

"Tous les maires ont reçu un avis du Conseil départemental, fin 2018, indiquant le changement des panneaux d’entrée de ville", a raconté Nicole Girard, la maire des Taillades, au Figaro.

"On nous a expliqué qu’ils ne pouvaient pas être en entrée de ville aux côtés du panneau officiel", ajoute-t-elle. Quelques mois plus tard, elle avait alors constaté la disparition du panneau en provençal "Li Taiado", et de celui indiquant "Ville fleurie".

Une "fake news" selon le Département

Pour Maurice Chabert, il y a eu un quiproquo. Dans son communiqué, il explique que tous les maires ont récupéré leurs panneaux.

Il précise que les six communes qui s'en sont vu priver l'ont été "à l’occasion de travaux réalisés il y a plusieurs mois sur certains axes du réseau routier départemental". Retirer certains panneaux annexes étant "une mesure habituelle" pour le président. 

Petit à petit s'est installée dans les médias une idée complètement absurde : le Conseil départemental du Vaucluse voudrait se débarrasser de tous les panneaux en provençal !
- Maurice Chabert, président du Conseil départemental

Selon lui, le fait que le département ait voulu les retirer est une "fâcheuse fake news". "Entre raccourcis, approximations et goût de la polémique estivale, c’est ainsi que s’est installée petit à petit dans les médias une idée complètement absurde : le Conseil départemental du Vaucluse voudrait se débarrasser de tous les panneaux en provençal !", poursuit-il.

Après cette annonce, de nombreux maires avaient en effet pris position en s'opposant à cette décision. Comme Pierre Gabert, maire de Pernes-les-Fontaines, ou "Perni li Font".

"Le panneau Perno li font a été installé en 1988. Faire appliquer une loi 50 ans après, c'est impensable. La langue provençale fait partie de notre patrimoine. Si on me l'enlève, je le remettrai moi-même", a-t-il prévenu, néanmoins satisfait que le Département ait assoupli sa position.

"La langue provençale est le ciment de notre culture"

Jean-Pierre Richard, le président du collectif Prouvènço, qui défend l'identité provençale, prend également acte de ce nouveau tournant. "Ce n'est pas tout à fait la tournure que nous espérions, mais c'est déjà un pas. Cela met fin à cette histoire, c'est la moindre des choses."

À chaque occasion de travaux, on aurait déplacé les panneaux, et les élus se seraient découragés.
Jean-Pierre Richard, collectif Prouvènço

Il se montre néanmoins vigilent sur la suite des événements. "La question de retrait pour travaux, c'est ce qui est dit, mais petit à petit, à chaque occasion de travaux, on aurait déplacé les panneaux, et les élus se seraient découragés." 

Le président du collectif entend lancer un appel, dès la rentrée, pour inciter les maires des communes qui ne l'ont pas fait à installer à leur tour un panneau en langue provençale à l'entrée de leur commune. Ce qui pourrait avoir l'effet inverse de ce qui était voulu par le Conseil départemental.

"L'important, c'est de mettre en valeur notre République ses langues régionales. Nous souhaitons mettre en place un vrai partenariat avec le Département, comme ce qui est fait au niveau régional, pour promouvoir cette culture." Pour Jean-Pierre Richard, le provençal est à défendre, au même titre que le Corse ou le Breton.

"Il faut augmenter l'apprentissage de la langue provençale, et donc lutter contre la réforme des lycées, qui va l'affaiblir. Nous avons à cœur de promouvoir les activités qui mettent en valeur le provençal. La langue provençale est le ciment de notre culture."

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