Technologie : pourquoi Monaco est en passe de devenir la "petite" NASA de la Côte d’Azur

Cela se sait peu mais Monaco abrite quelques unes des entreprises les plus en pointe en matière de technologie de l'espace. On vous emmène à la découverte d'un domaine qui reste habituellement très secret.

"C’est un satellite à peine plus grand qu’une boîte à chaussures Louboutin" s’amuse Francesco Bongiovanni, le PDG d’Orbital à Monaco. Une jeune start’up apparue dans le quartier Fontvieille voici deux ans spécialisée dans les nanosatellites, appelés ainsi en raison de leur petit gabarit et qui, ajoute son créateur, "valent environ cent fois moins cher que les autres." Mais ils n’ont évidemment pas la même vocation.

Et il n’est pas le seul sur le Rocher à développer des projets en lien avec l’espace. Deux autres entreprises installées à Monaco en ont fait leur spécialité, SSI Monacosat, dans des activités de télécommunications et Venturi qui elle élabore des Rovers capables de circuler sur la Lune, rien que ça !

Savoir-faire spatial

Jusqu’alors Monaco était plutôt restée discrète sur ces questions. Mais il y a quelques jours le gouvernement annonçait la création d’un "bureau des affaires spatiales monégasque". Objectif, précisément, promouvoir le savoir-faire à l’extérieur de la Principauté. Et c’est déjà très avancé car les liens avec la NASA sont forts.

Pour Frédéric Genta, en charge de la Transition Numérique au sein du gouvernement monégasque, "cette reconnaissance est fondamentale".

Cela fait quinze ans que nous avons développé l’industrie autour des satellites. "Fondamental en terme de souveraineté" précise Frédéric Genta, "le fait de disposer de nos ondes".

Sans compter le volet économique. Une cinquantaine de personnes vivent de cette industrie actuellement sur le Rocher. "Dans l’avenir nous pourrons participer à des appels d’offres de la NASA. Les entreprises du secteur déjà implantées à Monaco ont des relations régulières avec la NASA.  Les entreprises disposent de laboratoires de recherches ici et à Los Angeles" martèle ce membre du gouvernement.

Francesco Bongiovanni n’est pas peu fier de nous faire la présentation de ses locaux. "Nous avons ici à Monaco recruté cinq ingénieurs. Notre laboratoire occupe trois cents mètres carrés, il y a la recherche, les appareils de production."

"Notre travail consiste à élaborer des satellites miniatures avec la vocation de fournir des données sur l’environnement, l’éducation et le climat. Un volet lui tient à coeur, le climat.

Notre nanosatellite a récolté des données atmosphériques qu’on a revendu à une agence météorologique américaine.

- Francesco Bongiovanni, PDG d'Orbital

Il n'est pas en reste sur les deux autres volets : "sur l’éducation, c’est un programme intégré qui vise les 13-17 ans, on organise des cours d’ingénierie, des travaux pratiques à l’aide de ballons stratosphériques puis les enfants fabriquent eux-mêmes un petit satellite !"

Trois écoles sont partie prenante de ce projet dans la Principauté. Et une autre en Suisse.

Dernier volet en lien avec l’environnement :"je ne peux pas tout vous dire mais cela concerne le monde marin."

Un thème qui a trouvé un certain écho auprès du Prince Albert II. Au même titre que le développement des technologies en lien avec l’espace ce qu’on résume ici par New Space.

"Vous savez tout cela est en lien avec ses propres initiatives, la fondation Albert II, la problématique de l’environnement, l’économie et puis surtout une certaine valeur ajoutée, un prestige et permettre à Monaco d’avoir une souveraineté sur ces questions."

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