METEO. Vague de froid : les arboriculteurs des Alpes-de-Haute-Provence tentent de sauver leurs récoltes

Selon Météo France, les températures vont descendre en dessous de zéro dans la nuit de mercredi à jeudi. Alors que les bourgeons des arbres fruitiers sont déjà sortis, les arboriculteurs s'inquiètent pour leur future récolte. Et espèrent limiter les dégâts.

Pour tenter d'atténuer les conséquences du froid sur leurs cultures, certains arboriculteurs ont arrosé les arbres fruitiers
Pour tenter d'atténuer les conséquences du froid sur leurs cultures, certains arboriculteurs ont arrosé les arbres fruitiers © Eric Allard

"J'ai peur qu'on soit au même niveau que 2017". Thierry Gaudin, est arboriculteur dans les Alpes-de-Haute-Provence. Il se souvient de cette vague de froid terrible, survenue cette année-là à la fin du mois d'avril. Il avait perdu toute la récolte de ses pommiers.

"Les fruits étaient déjà formés et les températures étaient descendues à -6°C", se rappelle l'exploitant agricole. Cette fois, les boutons rouges des fruits ont tout juste eu le temps de sortir, poussés par le beau temps de la semaine passée. Mais Thierry Gaudin craint que le gel menace une nouvelle fois son chiffre d'affaire.

La nuit de mardi à mercredi, les températures sont déjà descendues en dessous de zéro. Mais c'est après le coucher du soleil, ce mercredi soir, que la situation pourrait s'empirer.

Météo France prévoit des températures à -4°C. Or, le seuil critique est à -2°C pour les pommiers et les poiriers, un degré en dessous de zéro pour les cerisiers, déjà en fleur dans les Alpes-du-Sud.

Dans ces conditions, Thierry Gaudin, également élu à la chambre d'agriculture, s'inquiète aussi pour ses collègues cultivateurs de colza. La priorité est de tenter de limiter les dégâts. "On peut mettre des chaufferettes, mais ce n'est pas possible sur toute la surface de mon exploitation."

Illustration. Arbres fruitiers d’un verger capturé par le gel d'un mois d'avril.
Illustration. Arbres fruitiers d’un verger capturé par le gel d'un mois d'avril. © Christophe ROSANVALLON

Bougies et arrosage

Pour protéger les fruits à noyau comme les cerises ou les pêches, certains arboriculteurs ont installé de grosses bougies de parafine au pied des arbres, pour réchauffer l'atmosphère.

Ceux qui ont accès à l'eau et à un système d'irrigation performant peuvent arroser les cultures. Mais la méthode n'est pas sans risque, comme le rappelle Eric Allard, conseiller technique pour la chambre d'agriculture des Hautes-Alpes et arboriculteur près du barrage de Serre-Ponçon.

"Le mistral qui souffle, fait s'évaporer l'eau et risque de faire geler le végétal". Un autre problème causé par le vent, c'est la répartition de l'eau qui ne se fait pas correctement sur les cultures. Une partie seulement des arboriculteurs ont donc choisi cette méthode. "Est-ce qu'ils ont eu raison ou tort ? On le saura demain...".

Le vent devrait tomber mercredi soir, ce qui rend la technique plus fiable.

Illustration. Vignes capturées par le gel d'avril, aussi beau que dévastateur pour les cultures.
Illustration. Vignes capturées par le gel d'avril, aussi beau que dévastateur pour les cultures. © Christophe ROSANVALLON

Une conséquence du réchauffement climatique

Dans les Alpes-du-Sud, les températures négatives au mois d'avril ne sont pas exceptionnelles. Mais les bourgeons des arbres fruitiers sont de plus en plus précoces. En cause, des hivers de plus en plus doux. "On est en avance de quinze jours par rapport à il y a dix ans. Le changement climatique on le constate au quotidien", note Eric Allard.

"Depuis quatre ou cinq ans, on a des mois de février très doux", confirme Thierry Gaudin. Conséquence : la végétation repart de plus en plus tôt. "Normalement, les pommiers ne devraient fleurir que fin avril..."

Une situation agravée cette année par la chaleur de la semaine dernière. "On est monté jusque 25 degrés dans l'après-midi", rappelle Eric Allard. Résultat, la végétation s'est emballée, s'exposant aux risques du gel.

Cette vague de froid s'étend à presque toutes les régions de France. En Gironde, les salariés de certains vignobles ont installé des bougies entre les pieds de vigne.

Les agriculteurs attendent de passer la nuit prochaine avant de faire un premier bilan des dégâts.

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