Le 31 décembre, les policiers municipaux seront en grève à Draguignan, Hyères, Antibes et Villeneuve-Loubet

Dimanche 24 décembre, la grève a principalement été suivie à Antibes et dans le Var. Le collectif des policiers municipaux en colère appelle de nouveau les agents à la mobilisation pour le 31 décembre.

Selon les premiers décomptes de Thierry Colomar, président de la Fédération nationale des policiers municipaux de France (FNPMF) et membre du collectif des policiers municipaux en colère, le nombre de grévistes parmi les policiers municipaux mobilisés lors du réveillon de Noël varient fortement d'une commune à l'autre.

Dans les Alpes-Maritimes, "à Nice, il y a eu moins de 5% de grévistes, pareil à Cannes. À Antibes, la grève a concerné 70 agents sur la centaine. Certains ont été désignés par leur maire et ont été obligés de travailler malgré la grève".

Du côté du Var, Thierry Colomar, également brigadier-chef principal à Puget-sur-Argens, affirme que "50% des effectifs prévus étaient en grève à Draguignan, ainsi qu'une vingtaine de policiers sur 80 à Hyères".

100% de grévistes annoncé à Draguignan pour le 31/12

Conséquence de cette grève, annoncée il y a quelques jours, certains policiers municipaux ne se déplacent plus lorsqu'il s'agit d'une "mission non-urgente", poursuit Thierry Colomar, "comme un accident léger sans danger pour les biens ou les personnes ou un tapage".

La police municipale est rarement en grève, c'est historique.

Thierry Colomar, Collectif des policiers municipaux en colère

Un mouvement qui devrait se poursuivre ce week-end lors de la soirée de la Saint-Sylvestre. "À Draguignan, les collègues ont déjà annoncé à leur hiérarchie qu'ils ne seront pas présents le 31 décembre", continue Thierry Colomar. Ce jour-là, une patrouille de jour et une de nuit d'une dizaine de policiers chacune sont prévues.

Une forte mobilisation est également attendue du côté de Hyères, Antibes et Villeneuve-Loubet.

Revalorisation salariale et meilleure retraite

C'est une déclaration de la Première ministre, le 26 octobre dernier, qui a mis le feu aux poudres. Élisabeth Borne a indiqué souhaiter "donner la possibilité aux polices municipales d'accomplir certains actes de police judiciaire". De nouvelles prérogatives, mais "sans contrepartie sociale", selon les syndicats.

"Cela fait 40 ans qu'on a une augmentation significative des compétences des policiers
municipaux sans compensation sociale. On dit stop!", explique à nos confrères de l'AFP David Quevilly, vice-président de la FNPMF.

Ce que confirme à France 3 Côte d'Azur Thierry Colomar : "ces missions qu'on nous a donné ces trente dernières années nous conduisent à prendre de plus en plus de risques car nous remplaçons les forces étatiques sur le terrain".

On ne peut pas être considérés comme policiers à temps complet par l'État et, le reste du temps, quand il ne se passe rien, redevenir des agents de mairie liés uniquement au maire. On veut être reconnus par l'État pour ce que nous sommes : des agents de police à part entière qui ont les mêmes responsabilités sur le terrain.

Thierry Colomar, Collectif des policiers municipaux en colère

Les grévistes réclament notamment une revalorisation des grilles indiciaires et le passage dans la catégorie de la fonction publique supérieure. "Un agent de catégorie C n'a aucune responsabilité, alors qu'un policier municipal, de catégorie C lui aussi, au quotidien, doit prendre des décisions importantes à chaque instant", précise le brigadier-chef pugétois.

Autre revendication : une meilleure retraite, avec la prise en compte de la prime police et de leur régime indemnitaire (qui représente entre 20 et 30% du salaire des policiers). "Les policiers municipaux partent avec une retraite misérable : en moyenne, environ 1.300 euros", détaille Cédric Michel, président national du Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM).

Grève des PV

Ce mouvement intervient alors que plusieurs policiers observent déjà une "grève des PV" depuis l'annonce d'Élisabeth Borne. À Marseille, "on est passé de 11.600 PV en octobre à environ 5.000 en novembre, et la baisse devrait se poursuivre en décembre", assurait jeudi dernier à France 3 Provence-Alpes Christine Donadio, déléguée de la Fédération syndicale unitaire (FSU) territoriale et membre du collectif.

Pour autant, le 31 décembre, si les "mission non-urgentes" ne seront pas assurées, le collectif des policiers municipaux en colère tient à préciser que les "missions d'ordre public" seront, elles, toujours réalisées. Mais pas forcément par eux. "Ce seront alors les forces étatiques [police nationale, gendarmerie, NDLR] qui seront présentes à la place. Certains policiers nationaux en congés ont été rappelés à cette occasion", poursuit Thierry Colomar.

Le mouvement prendra-t-il de l'ampleur pour la Saint-Sylvestre ? Le collectif ne compte en tout cas pas en rester là et appelle à des rassemblements devant les préfectures de région le 3 février prochain.