"Je ne comprends pas où est la vulgarité ?", des tableaux revisitant "L'Origine du monde", censurés à Saint-Raphaël

Des tableaux réalisés dans le cadre d'une exposition d'artistes-peintres amateurs à Saint-Raphaël (Var), ont été retirés par la municipalité. Il s'agit de deux toiles inspirées de "L'Origine du monde", montrant le sexe d'une femme.

Plus de 150 ans après sa création, le tableau de Gustave Courbet : L'Origine du monde, est toujours indirectement au cœur de controverses. Peint en 1866, il représente le sexe d'une femme, une danseuse, prénommée Constance Quéniaux.

C'est cette fois-ci à Saint-Raphaël dans le Var, qu'une nouvelle polémique a éclaté autour d'une exposition sur la thématique des « Tableaux de Maîtres revisités ». Organisée par l'association Palette 83, elle regroupe le travail d'artistes-peintres amateurs, il y a par exemple la Joconde, Les tournesols de Van Gogh, Le déjeuner sur l'herbe... 

Deux toiles retirées de l'exposition

Surprise. Sur les soixante œuvres installées à la mairie d’honneur de Saint Raphaël depuis le mercredi 14 mai, deux manquent à l'appel. Il s'agit de deux toiles qui réinterprètent L'Origine du monde

L'artiste, Dominique François, interrogée par France 3 Côte d'Azur raconte : "J’ai revisité l’œuvre en lui apposant simplement, une petite culotte en dentelle et une culotte peinte".

Elle n'en revient toujours pas d'avoir été censurée et se questionne : "Ce n’est pas passé et j’ai du mal à comprendre pourquoi ça fait tant de scandales dans la mentalité des gens, pourquoi les gens sont offusqués, je ne comprends pas où est la vulgarité ? ".

L'artiste n'est pas la seule à s'interroger. Une dame au sein de l'exposition, questionnée par France 3 Côte d'Azur déclarait : "On est au 21e siècle et on censure parce qu’on met un slip à l’Origine du monde, c’est du délire ! ".

Une décision prise par les services municipaux 

Ce retrait de l'exposition a été décidé par la municipalité de Saint-Raphaël. La mairie a expliqué cette décision à travers un communiqué : "La décision de ne pas exposer le tableau, d’un peintre dans un local municipal relève des services de la ville suivant des critères esthétiques et d’usage des espaces d’exposition de la collectivité, accessibles aux enfants. Le travail d’un peintre amateur de surcroît centré autour de la vulgarité ne mérite certainement pas tant d’attention". 

Ce retrait de toiles décidé par la municipalité soulève des questionnements concernant l'interdiction d'une œuvre au motif de sa vulgarité. 

Une œuvre qui continue de faire parler d'elle 

L'œuvre originelle de Gustave Courbet n'a pas fini de faire parler d'elle... En mai dernier, le tableau a en effet été tagué alors qu'il était exposé au Centre Pompidou de Metz, dans le cadre d'une exposition temporaire. 

La vitre de l'œuvre a été recouverte d'une peinture rouge. Le message " MeToo" a été tagué sur celle-ci. D'autres œuvres ont également été taguées, ces "actions" ont été effectuées par l’artiste performeuse franco-luxembourgeoise Deborah De Robertis ainsi que par les artistes Eva Vocz et Laure Pépin, leurs revendications différentes. 

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