“J'ai le sourire quand je vais au travail” : atteint de trisomie 21, Jimmy est employé dans une cantine de Toulon

Jimmy Diplacido en plein travail dans une cantine scolaire de Toulon.
Jimmy Diplacido en plein travail dans une cantine scolaire de Toulon.

Dans le cadre de la journée nationale de la trisomie 21 qui se déroule aujourd’hui, nous avons recueilli le témoignage de Jimmy. Il est trisomique, travaille dans une cantine scolaire de Toulon et nous livre un témoignage plein d’espoir.
 

Par Eric Ambrosini avec KB

De la volonté, du courage, un enthousiasme jamais démenti, Jimmy Diplacido ne pense qu’à une chose : aller de l’avant dans la vie. Et même s’il s’en défend, il est devenu un exemple pour ceux qui souffrent d’un handicap, d’une différence intellectuelle ou de la trisomie 21. Rencontre avec un jeune homme qui sourit à la vie malgré son handicap pour la journée nationale de la trisomie 21.
 

Employé dans une cantine scolaire

A 26 ans, Jimmy vit toujours chez sa mère. Mais son envie d’émancipation et de participer à la vie de la société lui ont ouvert la voie d’une réussite professionnelle. Accueilli dans des classes spécifiques, Jimmy a suivi un cursus scolaire traditionnel qui l’a mené jusqu’au lycée.

"On ne va pas se mentir, mes capacités ne m’auraient pas permises d’accéder à un CAP. On m’a donc délivré un livret de compétences services de restauration."

Ce livret est l’équivalent d’un CAP qui privilégie la pratique à la théorie. Ce sésame lui a permis de faire de nombreux stages dans des restaurants privés, avant de choisir la voie de la restauration scolaire. En septembre 2017, il a été embauché par la mairie de Toulon et vient tout juste d’être titularisé.
 

Un travail en hommage à son père

"Ce travail m’apporte beaucoup, notamment des responsabilités… j’ai le sourire quand je vais au travail !"

A ses côtés Denise, sa mère, regarde son fiston avec beaucoup de fierté : "Jimmy a toujours envie d’apprendre. Il a conscience de son handicap mais il l’accepte bien. Il est très sociable, gentil et s’est toujours bien intégré dans tous ses stages."

Jimmy esquisse un sourire, pose un bisou sur la joue de sa mère et se livre : "Je fais tout ça aussi pour rendre hommage à mon papa qui est décédé il y a 9 ans. C’est important pour moi ! Je veux qu’il soit fier de moi !"
 
Jimmy Diplacido dresse les tables dans le réfectoire.
Jimmy Diplacido dresse les tables dans le réfectoire.
 

Un poste de travail aménagé

Jimmy travaille 4 jours par semaine au sein d’une équipe de 3 personnes. Mais certaines tâches lui sont toutefois interdites. Non pas du fait de sa trisomie 21 mais de troubles de la vision. Dans le langage médical, il s'agit d'un nystagmus. C'est un défaut du nerf optique qui provoque un mouvement d’oscillation involontaire et saccadé des yeux. Cela rend sa vision "décalée" mais il est né avec et a su s'adapter.

"Pour éviter tout accident, je ne dois pas couper les aliments. C’est la seule restriction car je fais mon travail comme les autres : je sers les enfants, je les aide à manger..." et selon Denise « les enfants l’aiment beaucoup ! »

"D'ailleurs pour rentrer du travail, je dois prendre 2 bus et je le fais seul, sans problème." poursuit Jimmy.
 

Le regard des autres

C'est au collège que Jimmy concède avoir connu le plus de difficultés "J'ai subi quelques moqueries de la part de mes camarades" mais selon sa mère, sa force de caractère lui a toujours permis d'avancer. 

"Je voudrais que l’on ne nous regarde pas différemment des autres. Et j’encourage ceux qui sont dans mon cas à ne pas baisser les bras" 

Depuis quelques temps, Jimmy a une petite amie. Elle s'appelle Célia. Elle a 24 ans et il la voit tous les week-ends. "J’ai le droit de vivre comme tout le monde mais c'est encore un peu tôt". Sa maman aquiesce et ajoute "ça viendra" .

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