Vaucluse : un lémurien enfermé dans une cage sauvé sur un balcon

Les pompiers sont intervenus à Monteux (Vaucluse) ce samedi 12 juin pour secourir un lémurien enfermé dans une cage au soleil sur un balcon. La détention illégale de cet animal protégé est passible de six mois de prison et 9.000 euros d'amende.

Le lémurien est un animal protégé par la convention de Genève. La peine encourue pour en détenir est de six mois de prison et 9.000 euros d'amende.
Le lémurien est un animal protégé par la convention de Genève. La peine encourue pour en détenir est de six mois de prison et 9.000 euros d'amende. © LOIC VENANCE / AFP

Drôle de scène samedi 12 juin dans l'impasse de Letttonie à Monteux, dans le Vaucluse. Après avoir reçu un appel d'une voisine s'inquiétant des cris d'un animal sur le balcon d'en face, la police a constaté la présence d'un lémurien dans une cage en plein soleil.

Les pompiers sont alors intervenus pour sauver cet animal protégé par la Convention de Genève, et dont la détention est strictement interdite.

Une enquête ouverte pour détention d'animal protégé

Emblématique de Madagascar, cette espèce en "danger critique d’extinction" est sur la liste rouge de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).

L'animal retrouvé à Monteux a rapidement trouvé refuge au zoo de la Barben, entre Salon et Aix. La police a ouvert une enquête pour connaître les circonstances de détention de la bête par la famille vivant dans l'appartement en question.

En région Paca, une liste rouge des espèces menacées est disponible sur le site du Conservatoire d'espaces naturels

Précédentes condamnations

En mai 2019, une habitante de Marseille et son compagnon ont été condamnés à deux mois de prison et 3.000 euros de dommages et intérêts pour avoir capturé 15 chardonnerets élégants, des oiseaux protégés, et en avoir vendu quelques-uns.

En 2018, un habitant de Lauris dans le Vaucluse a été condamné à cinq mois de prison avec sursis et 2.000 euros d'amende pour détention et ventes illégales d'animaux protégés, notamment des reptiles. 

Lors de la perquisition, les enquêteurs avaient saisi pythons, boa constrictor, mygales, caïman, scorpions, tortues... En tout, 45 animaux détenus illégalement. Les reptiles et les amphibiens saisis avaient été remis, eux aussi, au parc zoologique de la Barben.

Citons encore la saisie de 77 chardonnerets, 24 tortues et un ara bleu en 2014 sur le marché aux puces de Marseille.

Les nouveaux animaux de compagnie et élevages clandestins

Selon une enquête de 2018 réalisée par la FACCO (Fédération des fabricants d’aliments pour chiens, chats, oiseaux et autres animaux familiers), la France compte plus de 63 millions d'animaux domestiques. L'enquête souligne que de plus en plus de foyers se tournent vers les "nouveaux animaux de compagnie", NAC : 6 millions de foyers en 2018. 

Derrière ce terme sont regroupées toutes les espèces animales non-conventionnelles : lapins, furets, perroquets, iguanes, pythons royaux, boas constrictors, mygales et autres petites bêtes sympathiques. 

A l'occasion de son bilan 2020, la SPA a dénoncé une forte hausse de l'abandon de ces nouveaux animaux de compagnie. "Nous voulons l'interdiction de l'utilisation de l'animal comme une marchandise, sa vente dans les animaleries et surtout sur Internet qui favorise tous les élevages clandestins ", expliquait alors Jacques-Charles Fombonne, président bénévole de la SPA sur franceinfo. 

 

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