Dix pièces incontournables au festival d'Avignon

Dernière ligne droite. Voici nos 10 pièces coup de coeur à voir lors de la dernière semaine du Festival d'Avignon. 10 pièces à voir jusqu'au 29 juillet, date de clôture du festival.
 

Par Valérie Smadja

-La machine de Turing
avec Benoît Solès et Amaury de Crayencour. A 12h05 au théâtre Actuel, 80, rue Guillaume Puy
Est-ce qu'une machine peut penser ? C'est la question qui a animé Alan Turing durant toute sa vie. Homme ultra sensible et associable, un génie à l'humour décapant méconnu du grand public, pionnier de l'intelligence artificielle, Alan Turing, inventeur de nos premiers ordinateurs, fut recruté par les services secrets britannique pour décoder les messages allemands et détruire leur fameuse machine Enigma.
Benoît Solès, a écrit cette pièce. Il y tient le rôle principal, celui d'un héros caché. Un jeu sans fausse note qui laisse place à l'émotion des silences. Une mise en scène qui nous fait nous sentir au cinéma. 
Gros succès public et critique du OFF 2018. A réserver car complet chaque jour. 
 

-Vertige
A 11h au Théâtre des Halles, rue du Roi René 
Une plongée dans le quotidien d'une famille devenue française pour des raisons oubliées. Décor : celui d'un appartement d'une cité HLM. A l'intérieur, une famille algérienne déracinée. Sur les trois enfants, un seul s'est vraiment intégré finalement. Pour se faire il a du quitter sa famille. Au moment de son divorce, l'appel de ses racines est plus forte. Nadir revient et prend conscience du fossé existant entre les deux styles de vie. On s'attache très vite aux personnages, leurs complexes, leurs peurs, leur humour. Une histoire qui est peut-être celle de toute les familles : des adultes qui se cherchent, qui interagissent les uns sur les autres pour se construire. Un vertige familial puissant et drôle, signé Nasser Djemaï, auteur aussi d'"Invisibles " un texte sur les chibanis. 
Un incontournable de ce OFF 2018.
 


-Assoiffés 
Par l​​​​​​a cie “le bruit de la rouille” à 13h20 au théâtre Girasole, 24 rue Guillaume Puy.
Un texte sur la beauté, et sur la fougue de l'adolescence. Oui les deux sont liés car l'un apaise l'autre, puis la brutalité laisse place à la beauté. Acteurs exceptionnellement justes, une mise en scène épurée très efficace (tous ce passe dans un grand cube). L'auteur  Wajdi Mouawad est cette fois loin de son thème de prédilection, le Liban, pays où il a grandi avant de s'installer au Québec. Comme dans chaque pièce de Mouawad, l'histoire semble décousue lors des premières minutes, puis tout s'emboîte comme par magie. Tout prend un sens : l'histoire mais aussi le message. Tout commence comme une intrigue policière, deux corps d'adolescents retrouvés dans un lac....le fil est tiré, laissez vous guider.
Réservation impérative. En tournée dans toute la France, la pièce sera jouée à Marseille au Toursky, le 14 décembre.
 


-Juste la fin du monde 
A 19h35 au Petit Louvre, 23 Rue Saint-Agricol,
Une pièce écrite par Jean-Luc Lagarce en 1990, alors qu'il se savait atteint du sida. Il en a été tiré un film dramatique franco-canadien écrit, coproduit, réalisé et monté par Xavier Dolan, sorti en 2016, 
Louis rend visite a sa famille. Sa soeur, sa mère, son frère et sa belle-soeur. Une famille qu 'il n a pas vu depuis plusieurs années. Son objectif : leur annoncé qu 'il a le sida et qu'il n a plus qu 'un an à vivre. Une révélation qu'il ne pourra jamais faire durant cette journée pesante. 
Une pièce sur le non dit familial. Cruel et brillant
 


- Lexicon
A 20h, sur l'Ile de la Bathelasse, espace Circus Village
En marge des pièces présentées au Off, il y a du cirque moderne. The Circus Village s’est installé sur l’Île de la Barthelasse. Cet événement permet de découvrir le meilleur de la création britannique. Trois chapiteau et cinq compagnies venues d’Irlande, d’Angleterre et du Pays de Galles.
"Lexicon", par la compagnie Nofit State circus est du cirque contemporain à voir en famille. Une succession d acrobatie, des artistes à l'énergie décuplée. Tout commence dans une salle de classe,  une prof dans les airs, des bureaux qui volent, une ambiance Harry Potter sous chapiteau. Durée : 2h.
 


-Dieu est mort, et moi non plus j'me sens pas très bien
Par la compagnie du Grand Soir. A 16h05 au théâtre des Barriques, 8, rue Ledru Rollin.
Encensée pas la critique, la pièce affichait complet déjà l'an dernier. Rebelote cette année. La mise en scène travaillée, permet de mettre en avant ce texte très drôle sur l'existence de Dieu. L'auteur, Régis Vlachos, auteur-comédien s'interroge sans cesse. Tout y passe. De sa mère à ses élèves en passant par ses conquêtes féminines, sa vie de prof de philo ou ses rendez-vous chez le psy.
Ca fuse. Une belle parenthèse pour rire et sourire.  
Réservation indispensable
 
 


- Debout sur le Zinc chante Vian
A 20h40 au t​​​​​​héâtre les 3 soleils, 4 rue Buffon.
Envie de se laisser porter ? Debout sur le Zinc s'empare des chansons de Boris Vian, de ses textes et musiques. Des chansons hors du temps, portées par 6 musiciens d'exception qui passent du rock au jazz manouche. 
 



-Trance
par la compagnie Dessources. A 14h30 au théâtre Golovine, 
De la danse, il y a en a aussi à Avignon. Ici elle est accompagnée d'une voix remarquable, celle de Dyna B. Une voix envoûtante et puissante qui accompagne la chorégraphie du danseur Nono Battesti (prix du Public au Festival Off 2016 avec "Double").  Une vibration visuelle et auditive qui se passe de mots.
 



-Anquetil tout seul 
A 10h30 au t​​​​​​héâtre les 3 soleils, 4 rue Buffon.
Un texte sur le mythique coureur cycliste, l'histoire d'un champion, ses dépassements, ses questionnements, ses souffrances. Une mise en scène adéquat :  un vélo, trois comédiens et un habile jeu de sons, lumières et vidéos. Un texte de Paul Fournel, interprété par Stéphane Olivié-Bisson.  Une performance physique et théâtrale à couper le souffle.
La pièce est déjà acheté par le théâtre du Toursky à Marseille, le 21 mai 2019.
 


- Le portrait de Pierre Bourdieu 
A 16h45 au 11 Gilgamesh Belleville, 11 Boulevard Raspail
La claque d'une fantastique interprète, la force de Bourdieu. Caroline Arrouas, seule en scène joue une prof dans un lycée difficile qui rêve d'être comédienne et passe les casting pour le TNT, célèbre école du Théâtre national de Strasbourg. Caroline Arrouas, autrichienne,  joue, chante, vibre, nous fait rire aux éclats et réfléchir à l analyse sociologique de Bourdieu. 
Texte et mise en scène Guillermo Pisani. 
Caroline Arrouas, interpretre exceptionnelle du "Portrait de Bourdieu" / © Comedie de Caen
Caroline Arrouas, interpretre exceptionnelle du "Portrait de Bourdieu" / © Comedie de Caen
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