"Ses aveux prétendument spontanés", peinent à convaincre famille et avocats dans le procès du meurtre du policier Eric Masson

Ce mercredi 28 février, devant la cour d'assises du Vaucluse à Avignon, les paroles d'Illias Akoudad sont peu convaincantes selon la famille de la victime, Eric Masson, son coéquipier Romain Reynès, et les avocats. Les réquisitions sont attendues ce jeudi 29 février et le verdict devrait tomber ce vendredi 1e mars.

Ce mercredi 28 février, Ilias Akoudad a tenté de s'expliquer sur les faits, après ses aveux partiels du début de semaine. Après avoir nié pendant presque trois ans, il a admis avoir tiré sur Eric Masson, le 5 mai 2021, à Avignon. Mais sans savoir qu'il était policier. Le brigadier était alors en civil, pour surveiller
des deals de rue.

"Je n'ai jamais connu la qualité de policier de ces messieurs"

Questionné sur son geste pendant toute la matinée de ce mercredi 28 février, le principal accusé a répondu aux questions précises du président de la cour d'assises. Le magistrat lui a demandé pourquoi il a tiré sur Eric Masson et Romain Reynès.

"Je n'ai jamais connu dit-il la qualité de policier de ces messieurs"."Je croyais que c'étaient des dealers". J'ai voulu leur faire peur, les faire partir Ces aveux réitérés n'ont toujours pas convaincu la famille Masson ni leurs avocats. Pour eux, il n'y a aucune sincérité.

"Ces explications s'inscrivent dans le droit fil de ces aveux prétendument spontané au huitième jour du procès. Je pense que ça ne trompe pas. En tout cas mes clients qui ont le sentiment que la connaissance de la qualité de policier était acquise.

"Vous y croyez-vous à sa version ?

L'après-midi du mercredi a été consacrée aux plaidoiries.

En commençant sa plaidoirie, l'après-midi, Me Sabine Gony-Massu, pour la veuve d'Eric Masson, leurs deux fillettes et le coéquipier du brigadier, a fait part d'un "certain dégoût" : "J'ai l'impression d'être quelque part au théâtre, devant des personnes qui se jouent de nous". Mais pour elle, il s'agit d'un "jeu mal joué" et les déclarations du principal accusé lui ont fait l'effet d'une "récitation apprise par cœur". "Vous y croyez-vous à sa version ? On peut confondre des fonctionnaires de police avec des charbonneurs ?", demande-t-elle aux jurés.

La perpétuité encourue

L'accusé est poursuivi pour meurtre avec la circonstance aggravante que la victime est une personne dépositaire de l'autorité publique, et pour tentative de meurtre, toujours sur policier. Il encourt donc la perpétuité avec une peine de sûreté de 18 ans, qui pourrait même être portée à 22 ans avec décision spéciale et motivée de la cour. S'il est reconnu qu'il ne savait pas qu'Eric et Romain étaient policiers, la peine encourue descendrait à 30 ans. Les réquisitions sont attendues ce jeudi 29 février matin, avant les plaidoiries de la défense et le verdict, lui, est attendu pur jeudi soir, voire vendredi matin.