Mort d'Eric Masson : "J’ai pris sa tête dans mes bras", le témoignage poignant du coéquipier du policier

La deuxième semaine du procès du suspect du meurtre du brigadier Eric Masson s'ouvre ce lundi devant la Cour d'assises de Vaucluse. Romain, le coéquipier du policier, a livré son témoignage. Il a vu son collègue mourir sous ses yeux.

"Je me dis pourquoi moi ?". Devant la Cour d'assises de Vaucluse lundi 26 février, Romain Reynes raconte le début de son cauchemar. En ouverture de la deuxième semaine du procès de l'accusé du meurtre d'Eric Masson, son coéquipier a témoigné, racontant comment une intervention banale a tourné au drame

"Il n'a pas vu le mal arriver"

Il était le binôme d’Eric Masson. Il se tenait à une dizaine de mètres de lui. Il a vu deux jeunes s’approcher, il a entendu Eric crier "Police, police !". Deux coups de feu ont retenti, Romain s’est précipité vers son ami, en faisant feu vers le tireur pour le protéger. "J’ai pris sa tête dans mes bras, j’ai vu du sang sortir de sa bouche, a-t-il confié devant la Cour d'assises. Il m’a demandé de rester avec lui pour Emilie et ses filles. J’ai commencé à faire un massage cardiaque."

Selon son avocate, son client vit avec la culpabilité de ne pas avoir pu sauver son ami. "Il n’a pas vu le mal arriver, explique Me Sabine Gony-Massu, avocate de la compagne du brigadier, de ses filles et de son coéquipier. Il pensait tout simplement que celui qui va se révéler être le tueur n’allait que sortir du stup’ parce que c’était un vulgaire contrôle de routine, comme ils ont l’habitude de faire. Il n’a pas vu le mal arriver et après le cauchemar a commencé."

Romain ne retournera pas sur le terrain

Le 5 mai 2021, vers 18h30, un équipage du groupement départemental d'intervention (GDI) de retour d'une intervention à Carpentras, est redirigé pour une intervention de routine dans la vieille ville d'Avignon. Les policiers, habillés en civil, procèdent à un contrôle à proximité d'un point de deal, où ils ont vu une femme acheter du cannabis. Deux jeunes dealers viennent vers eux et leur demandent ce qu'ils font là. 

Alors qu'un policier s'avance, un des jeunes sort une arme de poing de sa sacoche et fait feu à bout portant, atteignant le brigadier Eric Masson de deux balles de 9 mm. L'une se loge dans la poitrine, l'autre dans l'abdomen, a expliqué le procureur de la République à l'époque des faits. Le policier décède sur place quelques minutes plus tard. Le tireur vise aussi le gardien de la paix Romain Reynes, sans l'atteindre, avant de prendre la fuite.

Près de trois ans après le meurtre à bout portant du brigadier Eric Masson sur un point de deal, dans le centre historique d'Avignon, Ilias Akoudad, le dealer de 22 ans suspecté, a avoué son geste lundi 26 février à la barre.

Depuis les faits, Romain Reynes, le coéquipier du policier tué, a quitté Avignon et il a vendu sa maison. Aujourd’hui il occupe un poste administratif, il ne retournera pas dehors de peur de se mettre en danger ou de mettre en danger ses collègues.