Areva: les salariés mobilisés ce mardi pour ne pas "se laisser plumer sans réagir"

Parce qu'ils  ne veulent pas "se laisser plumer sans réagir", les salariés d'Areva ont de manifesté ce mardi devant le siège du groupe nucléaire en difficulté, à La Défense (près de Paris), contre la "casse sociale" et le démantèlement du groupe.

La mobilisation, à l'initiative des syndicats CGT, CFDT, FO, Unsa-Spaen et CFE-CGC, vise à dénoncer les pertes d'emploi mais aussi la cession de la majeure partie de l'activité réacteurs à EDF et, selon la CGT, la "destruction latente de la filière nucléaire française".

Suppression de 6.000 emplois, dont 3.000 à 4.000 en France

Après des pertes record de 4,8 milliards d'euros en 2014, Areva a annoncé en avril la suppression de 6.000 emplois, dont 3.000 à 4.000 en France, sur les 44.000 que compte le groupe (29.000 en France). Ce plan de restructuration vise à réaliser un milliard d'euros d'économies d'ici à 2017.

Ces suppressions de postes passent en France par un plan de départs volontaires (PDV) qui devrait être soumis à signature d'ici à fin septembre. Cependant, faute de volontaires en nombre suffisant, le plan "glissera automatiquement vers un plan de sauvegarde de l'emploi", avertit Jean-Pierre Bachmann (CFDT).   
Ce PDV et toutes les mesures liées au plan d'économies (gel des salaires, remise en cause du temps de travail...) "ont touché et toucheront tous les salariés du groupe", souligne l'intersyndicale qui veut "montrer à la direction et au gouvernement que les salariés Areva sont attachés à leurs emplois et qu'ils ne vont pas se laisser plumer sans réagir !"

Plus de 2.000 salariés venant des sites de province (La Hague, Marcoule, Saint-Marcel...) sont attendus au pied de la tour Areva à La Défense. Deux
rames de TGV et 15 bus ont été réservés pour l'occasion. 

'Mauvais choix' pour la filière nucléaire

Les salariés protestent aussi contre l'éclatement de leur groupe, dont la majorité de l'activité réacteurs, Areva NP, va être cédée à EDF. Cet accord, officialisé fin juillet, prévoit aussi de regrouper les activités d'ingéniérie des nouveaux réacteurs des deux groupes dans une société dédiée, détenue à 80% par EDF et à 20% par Areva NP.
Face aux difficultés financières du spécialiste du nucléaire, l'Etat avait décidé début juin de confier à EDF la majorité de l'activité réacteurs. Un choix dénoncé par les syndicats d'Areva et qui ne lève pas selon eux les inquiétudes quant à la pérennité de l'entreprise.
Pour la fédération mines-énergie CGT, avec cette cession, l'Etat tente de "s'exonérer" de ses obligations de renflouer le groupe, dont il détient 87% du capital. Si l'Etat a promis une recapitalisation "à la hauteur nécessaire", la CFDT insiste pour une recapitalisation "rapide".

Sur le volet emplois, la CFDT souhaite une "gestion territoriale" avec des conventions de reclassement signées entre les différents acteurs du nucléaire (Areva, EDF, CEA) pour éviter des mobilités contraintes. Il faut "arrêter la fuite en avant des compétences", réclame de son côté Christophe Laisné (Unsa-Spaen). Les syndicats CGT d'EDF, Total, ERDF, RTE et Engie annoncent aussi leur présence à La Défense pour soutenir les salariés d'Areva et dénoncer avec eux "ce mauvais choix".
Les salariés d'EDF ne sont "pas dupes", dit la CGT, la reprise d'Areva NP "va se faire avec de l'argent qu'EDF ne devait pas consacrer à cela" et les
conséquences seront supportées "par les salariés au travers de leurs garanties sociales et les usagers sur leurs factures". - avec AFP -