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Vaucluse : le “grand débat” s'invite à la prison du Pontet avec la ministre de la justice

Le grand débat s'est déroulé pendant deux heures derrière ces murs / © Maxppp/ MANUEL PASCUAL
Le grand débat s'est déroulé pendant deux heures derrière ces murs / © Maxppp/ MANUEL PASCUAL

Des détenus de la prison du Pontet dans le Vaucluse parlent bracelet électronique, droit de vote, train de vie des élus, voitures électriques. Peu habitués à ce qu'on leur donne la parole, ils ont participé à un grand débat avec la ministre de la Justice Nicole Belloubet.
 

Par MC avec AFP

Hier, vendredi 15 février, "le grand débat" s'est invité à la prison du Pontet dans le Vaucluse. Une cinquantaine de détenus a discuté pendant près de deux heures, sous la surveillance discrète des gardiens, avec la garde des sceaux, Nicole Belloubet, accompagnée de la secrétaire d'Etat à la transition écologique Emmanuelle Wargon.

Les questions sur les deux thèmes retenus, la transition écologique et la citoyenneté, sont directes, concrètes. Un premier détenu lance, micro à la main : "Vous encouragez l'achat de véhicules électriques qui coûtent cher au peuple, on le voit avec les gilets jaunes les gens n'ont pas d'argent, mais pourquoi vous n'obligez pas les constructeurs à fabriquer des voitures avec moins de cylindrées pour économiser le carburant ?"

Un deuxième rajoute : "Il faudrait éviter les emballages encombrants et inutiles. En cellule, on s'en rend encore plus compte car ça prend de place"

Un troisième prend aussi la parole et interpelle la ministre en ces termes:  "Et puis, vous taxez les gens qui n'ont pas beaucoup d'argent mais vous autorisez Total à faire des forages en Guyane ?"


De l'autre côté de la salle, un grand gaillard d'une trentaine d'années qui déplore "le manque de transparence", n'hésite pas à demander à la ministre le montant de son salaire: "1.200 euros ?", croit-il entendre. "Non, 8.200 euros", le reprend Nicole Belloubet qui ne peut réprimer un sourire. Bien décidé à garder le micro, il dénonce une "justice à deux vitesses" et demande l'incarcération d'Alexandre Benalla, l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron. Il est aussitôt applaudi par la salle.

Plusieurs prisonniers soulignent à leur tour qu'il faudrait rétablir le service militaire et les maisons de correction pour les mineurs, mais aussi développer le bracelet électronique au lieu de l'emprisonnement. Certains souhaiteraient rendre le vote obligatoire, déplorant à ce sujet qu'il soit si difficile pour eux de le faire. Une situation qui devrait changer avec le projet de réforme de la justice qui prévoit l'installation d'isoloirs en prison, assure la ministre.

"C'est extrêmement important que tout le monde puisse s'exprimer", déclare en sortant Nicole Belloubet relevant que "ce sont des thématiques finalement extrêmement semblables aux autres débats" qui ont été évoquées.

 Comme au Pontet, l'ensemble des établissements pénitentiaires ont été invités à s'organiser pour la tenue d'un débat, en cas de demande des détenus, d'ici le 15 mars date de la fin de la consultation.

 

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