Si les vols de fruits et légumes ont toujours existé ces dernières années, les quantités ont augmenté et les méthodes ont changé. On est désormais loin du chapardage pour consommation personnelle.
Bien rouges et bien mûres, les fraises de Michel Tort ont pourtant du mal à trouver preneur.
Avec l'inflation, les consommateurs en dégustent moins. Mais ce n'est pas son seul problème.
Comme tous les agriculteurs et plus précisément ceux du Vaucluse, il subit de nombreux vols.
Les chapardeurs viennent directement se servir dans les serres.
"Nous, les producteurs de fraises, sommes obligés de nous barricader pour faire face aux nombreux vols en ce moment. Là, cela concerne les fraises, mais nous ne sommes pas les seuls, les autres fruits et légumes sont touchés. Sans parler des vols de matériel, cela représente des sommes colossales", confirme Michel Tort, producteur de fraises de Carpentras à Sarrians dans le Vaucluse.
Cadenas et vidéo-surveillance pour se protéger
Pour essayer de se protéger, les agriculteurs comme Michel Tort ont dû faire de nombreux investissements.
"Les assurances demandent de plus en plus des vidéos surveillance, ce sont des systèmes qui coûtent cher".
Toutes ces dépenses arrivent au plus mauvais moment. "Le coût de production de la fraise déjà est énorme. D'autant plus, là, avec l'augmentation des prix de l'énergie. Ajouté à cela, la canicule et la sécheresse, plus le pouvoir d'achat en baisse, les gens consomment moins de fraises que les autres années", confie ce producteur.
Touchés de plein fouet, ils redoutent une saison qui s'annonce plus que mitigée. Une source d'inquiétude pour les producteurs de fraises comme pour de nombreux agriculteurs du département.
L'exploitation de Michel Tort est divisée en plusieurs parties. Le but étant d'avoir une production étalée sur la saison.
Certaines de ses fraises poussent dans les champs. Cette partie de la production est très vulnérable, tout comme celle qui est dans les serres aérées, qui ne sont donc pas fermées à clef. Une dernière partie est protégée dans des serres cadenassées et placées sous vidéo-surveillance.
Agir comme pour les truffes?
La mobilisation avait porté ses fruits. Il y a quelques années, les trufficulteurs se faisaient voler de manière méthodique.
Grillages, clôtures, cadenas, les trufficulteurs avaient multiplié les précautions pour éviter que leurs plans ne soient pillés. Malgré les arrestations, cela ne décourageait pas les voleurs, qui allaient jusqu'à voler les chiens des trufficulteurs pour dénicher l'or noir.
Lassés de ces vols, les trufficulteurs avaient alerté les pouvoirs publics et notamment le préfet de Vaucluse.
Un dispositif de surveillance avait été mis en place avec des patrouilles de gendarmes aux abords des truffières, des contrôles routiers ciblés et des caméras thermiques avaient été mises en place dans les truffières?