Maladie de Lyme : des Francs-Comtois participent à une étude scientifique nationale

© Louis Dumenil-Francetv
© Louis Dumenil-Francetv

Depuis son lancement le 17 juillet dernier, l'application gratuite Tique-Signalement a été téléchargée plus de 20 500 fois sur des smartphones. Des Francs-comtois font partie de cette vaste enquête participative qui doit permettre de mieux prévenir la maladie de Lyme. 

Par Isabelle Brunnarius

En chargeant cette application sur votre smartphone ou en vous connectant sur le site internet associé, vous pouvez signaler que vous avez été piqué par une tique. Comme nous l'a expliqué Yannick Noirjean, vous remplissez le formulaire en quelques minutes. Vous indiquez, le lieu, l'heure, et d'autres informations qui vont permettre aux chercheurs de mieux comprendre comment vivent les tiques. 

Vous pouvez aussi expédier les tiques au laboratoire "Tous chercheurs" de l'INRA Grand Est à Nancy. Plus de 120 ont déjà envoyées aux chercheurs. Ils vont chercher les agents pathogènes qu'elles véhiculent. 
Retirez la tique avec un tire-tique, n'utilisez ni l'ether ni vos doigts. Prenez-la en photo et envoyez-la par la Poste scotchée sur une feuille de papier. Pour bien la tuer, mettez-là avant 5 à 10 minutes dans un congélateur. Vous trouverez l'adresse sur cette page du site internet Ephytia

Dans le monde, il y a environ 800 espèces de tiques dont une trentaine présentes en France. L'une d'entre elle, fait l'objet de recherches particulières : l'ixodes ricinus. Elle pique l'homme et les mammifères. Elle peut ainsi transférer des agents pathogènes entre la faune sauvage, domestique et l'homme.  

Les tiques transmettent des bactéries à l'homme dont l'une, la Borrelia burgdoferi, responsable de la maladie de Lyme. Une maladie difficilement soignable aujourd'hui et particulièrement invalidante pour certains patients. Nous avons interviewé l'un des représentants de l'une des associations de malade présentes en Franche-Comté. Pour Benoit Chevrier, de l'association Lympact, cette étude participative est très utile car on manque cruellement de connaissances et les patients ont du mal à faire reconnaître leur maladie. 

Nous avons aussi interviewé Jean-François Cosson. Ce chercheur à l'INRA à Maison-Alfort est spécialisé dans les maladies transmissibles par les animaux, en particulier les tiques. Finalement, on ne sait pas encore très bien dans quelles circonstances, les tiques agissent. D'où l'idée, avec d'autres chercheurs, de lancer une vaste étude participative via cette application pour smartphone. Ce projet de sciences participatives intitulé CITIQUE a été mis au point par la Direction générale de la santé, L'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail), l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), l' Ecole nationale vétérinaire de Maison-Alfort. 

Depuis le 17 juillet, 2560 piqûres ont été déclarées chez l"homme et 508 chez des animaux de compagnie, en particulier les chats et les chiens. "Entre 20 et 50 signalements par jour ont été enregistrées" précise un communiqué publié le 7 septembre. Voici les premiers enseignements de cette collecte d'informations auprès du grand public. Cette enquête doit durer au moins trois ans.

 



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