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Une entreprise de Gennevilliers fabrique des prothèses en recyclant des gobelets

L'objectif que s'est fixé Canibal, une entreprise de Gennevilliers spécialisée dans le recyclage est extrêmement ambitieux : trouver comment parvenir à recycler les gobelets en plastique de nos distributeurs de boissons. C'est l'un des déchets les plus difficiles à collecter et à éliminer.

Par Christian Meyze

Fabriquer une prothèse de main avec les gobelets en plastique que nous utilisons quotidiennement, banalement puis que nous jetons sans y penser dans la poubelle la plus proche. Le défi que l'entreprise Canibal, spécialisée dans la collecte et le recyclage, s'est fixé, n'est pas mince.

On estime à 1000 milliards les "déchets de boisson" qui sont jetés chaque année dans le monde. Parmi ces déchets, seulement 5% sont recyclés. Les autres, soit 950 milliards, sont brûlés ou pire finiront dans les océans. Les nouvelles filières de collecte et de recyclage qui se mettent peu à peu en place devraient parvenir, avec le temps, à recycler de plus en plus de bouteilles en plastique ou de "packs".

Quoi faire des gobelets en plastique

Mais parmi ces déchets, il en est un pour lequel, pour l'instant, il n'y a pas de solution, c'est le gobelet en plastique. Or nous en utilisons plusieurs milliards. Presque systématiquement, parce que nous ne savons pas quoi en faire, il atterrit dans la poubelle générale ou dans la poubelle au pied de notre bureau. Or justement il y pose un problème parce qu'il ne peut pas être recyclé. Et comme la filière du recyclage suppose que le tri préalable soit rigoureux, le gobelet en plastique présent dans notre poubelle la rend impossible à recycler.

Canibal a donc d'abord conçu une machine spéciale, que l'on place à côté du distributeur de boissons et dans laquelle vous déposez votre gobelet usagé quand vous l'avez terminé. La machine trie alors les gobelets (selon leur composition, carton, carton enduit ou plastique) et elle les compacte. Les gobelets ainsi préparés sont collectés par Canibal.

La difficulté ensuite pour l'entreprise a été de trouver quoi faire de ce plastique. D'abord parce que les gobelets sont constitués de deux plastiques différents. Canibal a d'abord transformé ces plastiques en granulés, comme on le fait pour les bouteilles. Mais la quantité de plastique d'un gobelet est faible et l'opération a du mal à se rentabiliser.
© Amélie Lepage/France 3 Paris
© Amélie Lepage/France 3 Paris

Des bobines de plastique pour imprimante 3 D

Canibal a alors transformé son plastique en filament pour pouvoir le mettre en bobines destiné aux imprimantes 3D, de plus en plus sollicitées. Avec une idée en tête : la fabrication de prothèses grâce à ces imprimantes 3D, et notamment une prothèse de main, devenue possible en 2016 grâce à une association américaine.

Ce que cherche Canibal en réalité, c'est une motivation, une façon de faire comprendre aux entreprises (et à leurs salariés, c'est à dire nous tous) qui jettent des gobelets qu'il faut impérativement les récupérer et les recycler. Faire comprendre à tous que c'est devenu une nécessité.

D'où le projet de fabriquer une prothèse de main : tout le monde comprend un tel projet et chacun aura à coeur de participer. Chacun devrait alors faire ce petit effort qui consistera à jeter son gobelet dans la bonne case, au bon endroit.

Canibal a sollicité l'aide de l'association américaine E-nable qui a rendu possible, en 2016, la fabication de prothèses de main avec une imprimante 3D. L'association va tester les bobines de ce filament plastique pour voir s'il répond aux attentes. Et si c'est une réussite, s'il répond bien aux critères attendus, alors parions que Canibal n'aura plus beaucoup de difficultés à nous convaincre de récupérer les gobelets plastiques au lieu de les balancer trop vite dans la poubelle de bureau !

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