Centre d'hébergement pour sans-abris : soirée houleuse dans le 16ème arrondissement

Le débat concernant l'implatantion d'un centre d'hébergement en lisière du bois de Boulogne, dans le 16ème arrondissement de Paris, a viré à la foire d'empoigne. Des dizaines de manifestants ont pris d'assaut les abords de Paris-Dauphine, où se tenait la réunion.

Une réunion houleuse à Paris-Dauphine lundi soir, au sujet de l'implantation d'un centre d'hébergement en lisière de Boulogne.
Une réunion houleuse à Paris-Dauphine lundi soir, au sujet de l'implantation d'un centre d'hébergement en lisière de Boulogne. © France 3 Paris IDF
Une réunion houleuse a opposé lundi soir à Paris-Dauphine soutiens et opposants au projet de la mairie de Paris de construire un centre d'hébergement, en lisière du bois de Boulogne, dans le 16ème arrondissement. Une épreuve de force qui a débuté dès les premières minutes de la réunion, lorsque des habitants de cet arrondissement cossu de l'ouest de la capitale sont venus en masse manifester leur opposition au projet, multipliant invectives et huées.

LIRE aussi : Le centre d'hébergement des sans-abris du Bois de Boulogne : le projet qui irrite le 16ème arrondissement

L'architecte du centre d'hébergement, Guillaume Hannoun se fait ainsi traiter de "menteur", et Sophie Brocas, secrétaire générale de la préfecture d'Île-de-France, de "salope". Dans les travées du haut, deux hommes manquent d'en venir aux mains.


Porté par la mairie de Paris, le projet prévoit six bâtiments modulaires dans l'Allée des Fortifications, qui sera fermée à la circulation. Il devrait permettre de loger d'ici à cet été et pour trois ans jusqu'à 200 personnes, individus "isolés" ou "familles qui rencontrent des difficultés sociales importantes". Mais il se heurte à une ferme hostilité de la part des habitants du 16ème arrondissement. Sous les vivats de la salle, le maire du 16ème arrondissement Claude Goasguen (LR) dénonce le "diktat" de la mairie de Paris, qui ne l'aurait pas averti avant d'initier le projet.

"Il y aura des manifestations, des recours devant les tribunaux", prévient-il. "Les gens du 16ème sont réputés rester le cul dans leur fauteuil, à regarder la télé et manger du caviar, mais il défendent leurs intérêts comme les autres."

La salle évacuée au bout de vingt minutes

Indigné, le président de l'université, Laurent Batsch, a finalement ordonné l'évacuation de la salle, se faisant alors traiter de "collabo" par un membre de l'assistance. "Je suis juste le taulier ici", a poursuivi Laurent Batsch. "Je présente le débat, je me fais insulter, vous sortez maintenant !" La réunion n'aura finalement duré qu'une vingtaine de minutes.

Les opposants s'attardent, la salle se vide lentement. Jean-Jacques Chaban-Delmas, fils de l'ancien Premier ministre, dénonce des méthodes trotskistes et exige un référendum, "comme pour Notre-Dame des Landes". L'argument écologique est en effet le plus fréquent parmi les opposants au projet.

Des manifestants pour l'accueil des migrants

Plusieurs habitants du 16ème arrondissement ont cependant fait le déplacement pour soutenir l'accueil des migrants. "C'est à nous, les riches, d'aider les pauvres", s'offusque une homme d'une cinquantaine d'années, "même ma femme dit qu'ils vont
égorger nos enfants, c'est la même réaction chaque fois qu'on essaie de mettre en place des logements sociaux dans le 16ème
", rapporte l'AFP.

Selon la mairie de Paris, le 16ème arrondissement ne compte que huit places en hébergement d'urgence, sur un total de 9.700 dans la capitale.

Voir le reportage de Virginie Delahautemaison et Loic Blache
durée de la vidéo: 01 min 59
Dans le 16ème, on ne veut pas d'hébergement SDF

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
logement société solidarité
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter