[Sommet de l'élevage 2012] Le clippage ou l'art de coiffer un bovin

© Le concours de clippage de Prim'Holstein a donné le coup d'envoi de l'édition 2012 du sommet de l'élevage à Clermont-Ferrand. Une vingtaine de jeunes agriculteurs a préparé des génisses avec l'espoir de décrocher un billet pour le concours européen.
© Le concours de clippage de Prim'Holstein a donné le coup d'envoi de l'édition 2012 du sommet de l'élevage à Clermont-Ferrand. Une vingtaine de jeunes agriculteurs a préparé des génisses avec l'espoir de décrocher un billet pour le concours européen.

C'est le premier rendez-vous du sommet de l'élevage, le concours de clippage de Prim'Holstein a mis en concurrence une vingtaine de jeunes agriculteurs dès 6H30, mercredi matin. Le clippage, un art dont le but est de sublimer l'animal.

Par Stéphane Moccozet

6h30, mercredi matin. Alors que le soleil dort encore sur Clermont-Ferrand, on s'active déjà dans la grande hall d'Auvergne. Dans un des halls, une vingtaine de jeunes agriculteurs débute le concours de clippage de Prim'holstein. Entre leurs mains, des génisses, plutôt dociles, qu'ils vont devoir tondre, coiffer, embellir, sublimer.
Ludovic Dumas est venu de Paulhac, dans le Cantal, pour participer à l'événement. Depuis l'âge de 12 ans, il présente des vaches dans des concours et il a saisi très tôt l'importance d'une belle préparation esthétique. Récemment, il a suivi un stage de clippage à Ploërmel dans le Morbihan, une des rares écoles de la spécialité en France. Là-bas, durant cinq jours, il a appris tous les gestes techniques pour mettre en valeur les bovins et plus particulièrement les "Prim'Holstein". Une variété qui se prête plus que les autres aux coups de tondeuses et au brossage. Le pelage noir et blanc, la morphologie particulière de cette race allaitante et son caractère calme en font un sujet idéal pour l'exercice. Ludovic a travaillé deux heures sur sa génisse, comme tous les autres concurrents. Deux heures juste suffisantes pour coiffer le corps de la bête car, dans l'idéal, trois heures sont nécessaires pour préparer entièrement l'animal, de la tête au pied.
A quelques mètres de là, un autre auvergnat, du Cantal également, s'active autour de sa génisse. Gilles Arnal, salarié agricole au sein de l'exploitation familiale, a le clippage dans la peau depuis quatre ans. En 2009, le jeune homme s'est même envolé pour le Canada pour suivre un stage intensif. Avec les Etats-Unis, le Canada est le pays qui fait référence en la matière. Mercredi matin, fort de son expérience, il n'a eu aucune difficulté à surmonter la petite difficulté à laquelle il a été confronté. Son modèle présentait un défaut dans le dos, entre le reins et l'épaule. Gilles a donc dû redresser le poil de la bête pour le corriger, et il a avoué, une fois l'exercice terminé, ne pas être mécontent du résultat.

A l'issue de deux heures de travail, les concurrents seront jugés sur la technique puis sur la présentation. Les deux meilleurs d'entre eux seront qualifiés pour le concours européen qui aura lieu à Fribourg (Allemagne), en mars 2013.

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Le clippage ou l'art de coiffer un bovin
Une tondeuse, un peigne, un sèche-cheveux et même de la laque sont utilisés par les "clippeurs" pour préparer les bovins avant les défilés


Le concours de clippage sur Prim'Holstein du sommet de l'élevage


Trois questions à David Biarnès, juge du concours de clippage

  • Quels sont les points importants au moment de juger le travail ?

Le clippage doit être quelque chose d'extrêmement naturel. Rien ne doit être forcé. Par exemple, un des points techniques importants se trouve au niveau de la ligne de dos qui doit parfaitement se marier avec le corps de l'animal. La tonte doit donc être naturelle avec des dégradés là où il faut. Il faut également employer les bonnes tondeuses et les bons peignes. Il ne faut pas qu'il y ait de raté dans la tonte qui puisse attirer l'oeil.

  • Sur la Prim'Holstein, qu'est-ce qui doit être mis en avant par le travail de clippage ?

La Prim'Holstein est une race allaitante et, contrairement à des races à viande, on va essayer de l'affiner au maximum, tant au niveau du muscle que de l'ossature. Une ossature très fine est caractéristique d'une bonne laitière. En fait, on accentue les points morphologiques en fonction du standard de la race.

  • Quelle est la partie la plus difficile à mettre en valeur ?

C'est la ligne de dos car elle doit se fondre parfaitement sur l'animal.

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