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Qu'ont fait les parlementaires auvergnats de leur réserve ?

A quoi la réserve parlementaire a-t-elle servi en Auvergne, en 2011 ? A qui a-t-elle profité ? A celui qui a bénéficié d'un coup de pouce ou à celui qui l'a offert ? Voici un tour d'horizon des pratiques dans une région où tout le monde n'était pas logé à la même enseigne.

Par Stéphane Moccozet

Cent cinquante millions d'euros, c'est le montant de la réserve parlementaire utilisé par les députés et sénateurs, en France, en 2011. Après un bras de fer de près de trois ans, Hervé Lebreton, un professeur en mathématiques, a obtenu du tribunal administratif que le Ministère de l'Intérieur lève le voile sur cette cagnotte pour le moins opaque.

Qui ? Combien ? Pourquoi ? Un grand mystère plane toujours sur la manière dont sont accordées les enveloppes à chaque parlementaire. On sait juste qu'en 2002 le mode d'attribution a changé. Le président de la Commission des Finances et le rapporteur étaient les seuls à décider mais à partir de cette année-là les présidents de groupes ont aussi eu leur mot à dire. Divers critères étaient alors retenus afin de déterminer le montant de la réserve alloué aux députés et sénateurs.

En 2012, Claude Bartolone a revu ce système davantage basé sur la tête du client que sur l'égalité. En septembre, le Président de l'Assemblée Nationale a ainsi annoncé que chaque député recevrait une enveloppe d'environ 130 000 euros, quelle que soit sa couleur politique. Cette répartition plus équitable est accompagnée d'une promesse de publication des dépenses de 2012 à la fin 2013.

En attendant, c'est l'utilisation de la réserve parlementaire de 2011 qui se retrouve sous les feux des projecteurs depuis mercredi. Les citoyens français, ces électeurs qui confient une mission à l'un d'entre eux, peuvent donc prendre connaissance de l'utilisation faite de ce petit trésor.

Alain Marleix, champion d'Auvergne 2011

En Auvergne, un peu plus de 3,3 millions d'euros ont été distribués aux collectivités locales par ses parlementaires. A lui seul, le député UMP du Cantal, Alain Marleix, représente presque 1/6ème de cette somme avec 554 756 euros utilisés. L'ancien ministre a effectué 45 dotations à 44 communes et communauté de communes. Dans ces dépenses, on peut noter l'aide au financement de trois locaux de chasse à Laurie, Pierrefort et Fridefont mais aussi le versement de 80 000 euros à la commune de Pleaux pour la construction d'une maison de santé.

Derrière le député cantalien suivent, en termes de dépenses, la sénatrice socialiste du Puy-de-Dôme Michèle André (280 000 euros) et son homologue UMP de Haute-Loire Adrien Gouteyron qui a utilisé 280 000 euros également avant de céder son siège au Sénat en septembre 2011. Louis Giscard d'Estaing, alors député UMP du Puy-de-Dôme avec 265 470 euros et Jean Proriol, même mandat et même étiquette en Haute-Loire, avec 261 000 complètent ce Top 5 régional.

De grandes disparités d'utilisation

Si la députée socialiste du Puy-de-Dôme, Odile Saugues, n'a eu recours qu'une seule fois à l'utilisation de la réserve parlementaire (35 000 euros pour les travaux de l'Opéra de Clermont-Ferrand), d'autres élus ont "arrosé" leur territoire. On a vu plus haut qu'Alain Marleix avait aidé 44 communes quand Adrien Gouteyron en a soutenue 18 mais deux fois celle dont il est maire. C'est ainsi que Rosières, petite localité de 1 400 habitants, a pu profiter de 158 750 euros tombés du ciel pour un programme de réfection de voirie et l'aménagement d'une aire de grand jeu en gazon synthétique.

La réserve, utile en campagne ?

En 2011, cinq sièges de sénateurs étaient renouvelables en Auvergne: trois dans le Puy-de-Dôme et deux en Haute-Loire. Député du Puy-de-Dôme depuis 23 ans, le socialiste Alain Néri rêve alors de rejoindre le Palais du Luxembourg. Hasard ou coïncidence, cette année-là, il utilise 98 533 euros de la réserve parlementaire qu'il distribue de manière quasi équitable à vingt communes. Le 25 septembre, il est élu sénateur. Il rejoint Michèle André, réélue au Sénat le même jour. La sénatrice PS a, elle aussi, offert un soutien financier à vingt communes cette année-là pour un montant global de 280 000 euros.

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