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Webdocumentaire et transmedia : quand internet devient un terrain de jeu

Alexandre Brachet, fondateur et patron de Upian  intervenait  dans le cadre de Cross et Transmédia. Au coeur des questions : comment construire de nouveaux formats en ligne? Comment articuler la narration et l'écriture? Quelle part journalistique et de développement dans les webdocumentaires ?
© Laurent Pastural
Alexandre Brachet qui a fondé Upian en 1998, la présentait alors comme « une toute petite structure qui voulait faire du Web et raconter des histoires ».  Upian a évolué en studio de webdesign (elle a conçu l'ergonomie et le graphisme des sites média Rue 89, l'Equipe, Radion France...) mais reste une référence en matière de webdocumentaire et du journalisme en se faisant remarquer par l'inventivité d'une collection de récits interactifs  parmi lesquels "La Cité des mortes", ou encore "Prison Valley". 

Alexandre Brachet a présenté plusieurs exemples des productions d'Upian, et donc parlé de nouvelles formes de narration, et de nouveaux modes de diffusion et de production. 

"GazaSderot, la vie malgré tout",  coproduit et diffusé sur Arte en 2008, (et primé à de nombreuses reprises) raconte l'histoire parallèle de quelques personnages des deux villes. Pour accéder à ces histoires et vidéos, plusieurs modes de navigation possibles : chronologique, par personnages, lieux ou thèmes. "Quand on travaille sur l'interface on se pose une question : comment par la forme contribuer au récit,  et que peut-on apporter à l'écriture ? Le spectateur a alors un rôle actif, il a la possibilité de suivre ce qu'il veut, de fabriquer son histoire"
. Navigation par carte, ou par mots clés,  Upian crée des interfaces, qui accompagne une histoire, et qui peuvent aussi  transmettre des messages. "Lors de la création, on part de l'histoire à raconter, puis il y a un travail d'écriture comme au cinéma ou pour un documentaire.  Chacun est chef de projet , puis il y a un travail en commun entre les équipes d'auteurs et ceux qui vont créer l'interface,entre les producteurs, les scénaristes et les concepteurs, ça passe par des textes, des maquettes, des dessins et des prototypes".

Autre production, avec Arte,  citée par Alexandre Brachet : "Alma" : l'histoire d'une jeune femme qui a passé 5 ans dans un gang très violent au Guatémala. "C'est une matière unique, quelqu'un va raconter de l'intérieur. Un webdocumentaire c'est avant tout un documentaire, ce qui compte c'est de raconter une histoire, un point de vue du réel avec un regard d'auteur".

Dans les récentes réalisations d'Upian : "génération quoi", une enquêt en ligne sur les 18-34 ans qui va accompagner trois documentaires que le journaliste Christophe Nick est en train de préparer. Une histoire d'une génération tournée en immersion à Cergy. "Cette enquête sur internet vient en écho à ce qui va  passer à la télé, explique Alexandre Brachet., l'idée c'est que les réponses à ce questionnaires fournissent une base de données,c'est comme une écriture interactive, c'est mélanger une histoire avec autre chose. Dans le transmedia, les contenus sont autonomes, chaque programme est autonome. L'avantage d'internet c'est de donner du temps,c'est aussi un terrain de jeu pour les créateurs, dans la musique, la vidéo, le graphisme... Internet a besoin de temps réel,  et c'est une matière vivante, il faut s'amuser à travailler cette matière.".









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