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Les élus plaident la cause des régions et des départements à Matignon

Jean-Yves Gouttebel était à Matignon pour défendre les conseils départementaux, susceptibles de disparaître à l'horizon 2021.
Jean-Yves Gouttebel était à Matignon pour défendre les conseils départementaux, susceptibles de disparaître à l'horizon 2021.

Manuel Valls a reçu mardi en fin d'après-midi des élus des départements et des régions de France pour parler des réformes territoriales. René Souchon, président de la région Auvergne et Jean-Yves Gouttebel, président du Conseil Général du Puy-de-Dôme, faisaient partie des délégations reçues.

Par Claude Fallas

Dès sa sortie de Matignon, Jean-yves Gouttebel, président du Conseil Général du Puy-de-Dôme, a tenu à réexpliquer le pourquoi de cette entretien avec le Premier Ministre, Manuel Valls. "Ce n'est pas tant l'institution que nous défendons, que les fonctions et les missions que remplit l'institution. Et dans une France où il n'y aurait plus qu'une dizaine de régions, donc de très grandes régions, l'échelon départemental apparaît comme très pertinent parce qu'on va éloigner le citoyen des centres de décision. Dans Le Monde, une enquête indiquait que près de 70% des Français souhaitent une plus grande proximité, et c'est ce que nous représentons. Alors encore une fois, nous ne défendons pas un pré carré, une chappelle, mais cette proximité et cette solidarité des territoires."

Ils ont tous tenu à exprimer leur inquiétude au 1er ministre face à ces réformes annoncées par Manuel Valls lui-même. A la sortie de cet entretien, c'est Claudy Lebreton, président de l'Assemblée des Départements de France (ADF) a lui aussi pris la parole pour résumer l'entrevue. "A la question Monsieur le Premier Ministre, quel est votre projet politique ? Qu'est-ce qui sous-tend votre projet politique ? Est-ce que vous voulez faire des économies dans les dépenses publiques ? est-ce que c'est ça votre seul mobile ? Ou est-ce que vous avez vraiment une volonté d'une nouvelle organisation territoriale de la République ? Il dit : ça ne peut pas rester comme c'est, il faut que ça bouge donc il nous met au défi collectivement d'écrire cette page de la nouvelle organisation territoriale de la République avec des bornes qu'il a fixées. Il a rappelé au 1er janvier 2017, la nouvelle carte des régions, au 1er janvier 2018, les communautés de communes sur l'espace des bassins de vie, qu'est-ce que ça veut dire? Et puis à l'horizon 2021, le conseil départemental ... en rappelant qu'il y aura des élections présidentielles en 2017 !"

Sur le plateau du journal de France 3 Auvergne, un autre visage, une autre opinion. Jean-Claude Mairal, ancien président du Conseil Général de l'Allier et actuel président du CIDEF, Centre d'information, de documentation et d'études des élus, dans un d'un appel intitulé Oser la démocratie adressé sous forme de lettre au Premier Ministre mais aussi aux parlementaires et aux élus plaide quant-à lui pour un débat public dans les départements et un réferendum. Son désaccord avec le projet de réforme territoriale n'est donc pas sur le fond, mais sur la forme. "On a besoin de bouger les lignes, que ce soit les rapport entre l'Etat, les administrations de l'Etat et les Collectivités locales, mieux prendre en compte la réalité des territoires, mais cela ne peut pas se faire en dehors d'un débat, en dehors des citoyens qui sont les premiers concernés. Si l'on donne les éléments, les informations nécessaires à nos concitoyens, ils sont en capacité de débattre et de dire ce qu'ils souhaitent pour leur propre vie, car en défintive, c'est quand même de leur vie qu'il s'agit, pas simplement de la posture des grands élus, parce qu'entre parenthèses, ce ne sont qu'une poignée d'élus qui débattent de la réforme territoriale."

Pour autant, la nécessité de cette réforme, ou en tous cas d'une réforme semble être entrée dans les moeurs. "Depuis près de 20 ans, on court après une réforme territoriale. On fait des bouts de réforme, puis on s'aperçoit qu'il faut les remettre en cause ... Mettons tout sur la table, partons de la réalité de la vie de nos concitoyens, des bassins d'emplois, de vie, de formations... Voyons au niveau des régions, des départements ce qui est à même de répondre au développement de ces territoires."

Pour l'instant, aucune réponse d'élus ni du Premier Ministre, mais Jean-Claude Mairal continue à espérer qu'ils prendront à coeur de mener ce débat dans les territoires de manière à ce qu'enfin, une réforme territoriale corresponde à l'intérêt des citoyens, des territoires et du pays. Affaire à suivre ...



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