Cet article date de plus de 6 ans

Langeac (43): elle se rase la tête pour sauver le bâtiment de l'école communale

La présidente d'une association pour la sauvegarde du patrimoine de la commune de Langeac (Haute-Loire) s'est rasé la tête pour faire annuler un permis de construire prévoyant de transformer une ancienne école communale délabrée, qu'elle considère comme un emblème du patrimoine local.

Les cheveux ras et un Non tricolore : Geneviève Fustier, 77 ans, se bat contre le projet de rénovation d'une ancienne école édifiée en 1850. Une hérésie pour l'association de sauvegarde du patrimoine de Langeac (43).
Les cheveux ras et un Non tricolore : Geneviève Fustier, 77 ans, se bat contre le projet de rénovation d'une ancienne école édifiée en 1850. Une hérésie pour l'association de sauvegarde du patrimoine de Langeac (43). © France 3 Auvergne
La tête rasée et les tempes peinturées d'un "Non" aux couleurs du drapeau français, Geneviève Fustier, 77 ans, distribuait mardi des tracts devant la préfecture du Puy-en-Velay pour dénoncer "la mise à mort" programmée d'une vieille bâtisse de la commune, construite en tuf volcanique - une roche de couleur ocre et brune -  et contre laquelle elle milite depuis 2012 à la mairie.
 
Édifié en 1848, ce bâtiment situé le long des rives de l'Allier, servait autrefois d'école, avant d'être utilisé récemment comme lieu d'exercice pour les pompiers de la commune. Le nouveau projet prévoit de le transformer en bibliothèque-médiathèque. "L'école se situe dans un secteur sauvegardé, à moins de 500 mètres de la Collégiale Saint-Gal, qui est classée aux monuments historiques. Les travaux vont complètement la défigurer", déplore auprès de l'AFP cette habitante, qui fut autrefois maire de la petite commune voisine de Saint-Arcon-d'Allier, qu'elle a en partie rénovée. "Les fenêtres vont être allongées, la toiture cassée. Ce nouveau bâtiment devrait ressembler plus à une usine ou à un silo à grain qu'à une bibliothèque digne de ce nom", ajoute encore cette pasionaria du patrimoine.
 
Après plusieurs mois de lutte contre la mairie, qui a obtenu pour ce projet l'accord de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) et de l'architecte des bâtiments de France du département de la Haute-Loire, l'association de Geneviève Fustier a déposé un recours devant le Tribunal administratif pour faire annuler ce permis de construire "inique" et "entaché d'illégalités".
 
De son côté, interrogée par l'AFP, la mairie de Langeac assure avoir déjà "revu plusieurs fois sa copie" pour répondre aux demandes de l'association. Selon la municipalité, le projet actuel "respecte les réglementations en vigueur", et les futurs travaux devraient également "embellir ce bâtiment d'architecture austère". "On s'est juste permis d'avoir une note originale sur ce bâtiment, actuellement dans un état pitoyable" explique la maire de Langeac, Marie-Thérèse Roubaud, à propos des fenêtres verticales, tant décriées par Mme Fustier. "Les esprits évoluent, l'architecture évolue. On ne peut pas vivre uniquement dans l'ancien temps",  a souligné encore l'édile de la commune.
 
"Aujourd'hui, en termes de sécurité, de fonctionnalité, on ne peut pas garder l'école en son état actuel", a pour sa part déclaré à l'AFP le sous-préfet de Brioude, Hervé Gerin, regrettant "un dialogue de sourds" dans cette affaire. "Mme Fustier a tout à fait le droit de ne pas être d'accord et d'en faire part, mais au regard de l'Etat, le projet porté par la municipalité de Langeac est tout à fait légal", a-t-il insisté.

durée de la vidéo: 01 min 40
Un acte de résistance capillaire à Langeac (43)

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
patrimoine