Intermittents: la menace d'une annulation plane sur Avignon

La menace d'une annulation plane désormais sur Avignon, les intermittents ayant décidé d'accentuer la pression sur le gouvernement avant la date butoir du 1er juillet, pour empêcher la ratification de la nouvelle convention d'assurance chômage. Néanmoins de nombreux autres festivals ont lieu.

Par Isabelle Gonzalez

Le personnel du "in" d'Avignon, qui a rassemblé 128.000 spectateurs l'an dernier, a mis son poids dans la balance mercredi 11 juin en n'excluant pas le recours à la grève si le gouvernement agréait l'accord sur les nouvelles règles d'indemnisation des chômeurs signé par le patronat et trois syndicats (CFDT, FO et CFTC).
Une menace prise au sérieux par le directeur du festival, Olivier Py.  Depuis une semaine, une trentaine de structures et manifestations (compagnies, festivals, tournages...) se sont déjà mises en grève ou ont été perturbées  par le mouvement des intermittents, selon un décompte de la CGT-Spectacle.
Premier à se mobiliser Le Printemps des Comédiens à Montpellier est toujours en grève ce jeudi 12 juin.
À Toulouse, la première journée du festival Rio Loco n'a pu se tenir mercredi.
Vingt festivals de musiques actuelles (Eurockéennes, Vieilles Charrues, Garorock, Marsatac...), qui emploient 5.000 intermittents, demandent la suspension de la réforme, tout comme le SPI (producteurs audiovisuels), tandis que le Prodiss (producteurs privés de spectacles de musiques actuelles) réclame un "moratoire" jusqu'au 1er septembre.
"Nous ne voulons et nous ne pouvons revivre 2003", écrit de son côté le Syndicat professionnel des producteurs, festivals, ensembles et diffuseurs indépendants de musique (Profedim, dont le festival d'Aix-en-Provence, les Arts Florissants) dans une lettre ouverte au gouvernement. Cette année-là, la précédente réforme d'ampleur du régime des intermittents avait provoqué un mouvement de colère et des annulations de festivals, comme Avignon, Aix ou Les Francofolies.

La CGT-Spectacle a annoncé une nouvelle journée d'action le lundi 16 juin, avec un rassemblement à partir de 14H30 place du Palais-Royal à Paris, à deux pas du ministère de la Culture, et appelle à amplifier les débrayages ce jour-là.
La CGT-Spectacle, qui doit rencontrer ce jeudi le médiateur nommé par le gouvernement sur le dossier, le député PS d'Indre-et-Loire Jean-Patrick Gille, craint que cette médiation n'aboutisse qu'à "de petites mesures d'ordre social pour essayer d'améliorer les choses pour les intermittents les plus précaires, tout en restant dans le cadre d'une convention qui aggrave la réforme de 2003".
La convention chômage contestée doit être examinée le 18 juin par le Conseil national de l'emploi, avant d'être théoriquement ratifiée fin juin par le ministre du Travail.
Le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly, a une nouvelle fois appelé le gouvernement à "prendre ses responsabilités" en signant le texte.

St Etienne : grève des intermittents?
Beaucoup de festivals se déroulent normalement mais avec cette menace de grève qui plane. Reportage dans la Loire d'Anthony Laurent et de Claire Cherry Pelat

 

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