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Jean-Yves Gouttebel : “on a gagné une étape, on gagnera la deuxième !”

Le président du Conseil Général du Puy-de-Dôme était l'invité du 19-20 Auvergne ce lundi 23 juin. Il est revenu sur la décision de l'institution de renvoyer la candidature de la chaîne des Puys au patrimoine mondial de l'UNESCO à une date ultérieure.

Par Fabien Gandilhon

Pierre-Olivier Belle : C'est un renvoi qui pour une fois vous amène le sourire, même si vous auriez pu espérer l'obtenir directement ...

Jean-Yves Gouttebel : C'était quasiment impossible dés l'instant qu'il y avait un avis défavorable de l'UICN qui d'ailleurs ne s'est d'ailleurs pas rendue sur place. Donc ce renvoi va permettre à l'UICN de se rendre sur place pour se rendre compte de la réalité de cet ensemble complexe. Mais ce qui est fondamental, c'est la reconnaissance de la valeur universelle exceptionnelle.

POB : Ce qui ne s'est pas passé aujourd'hui, c'est l'inscription mais l'intérêt du bien est reconnu. Ça n'a pas été facile ?

JYG : Il y a un travail scientifique à faire, il y a des expertises et puis il y a un très gros travail diplomatique à mener avant la réunion elle même et pendant la réunion. Les choses évoluent en permanence mais nous avons eu 13 états qui nous ont suivi, ce qui est important sur une vingtaine d'états siégeant.

POB : Ce qui a été étonnant - et l'ambassadeur que l'on voit dans le reportage l'a dit - c'est que l'Allemagne qui devait être notre amie ne l'a pas vraiment été sur ce coup-là ...

JYG : L'Allemagne n'a pas été notre alliée mais vous savez, l'Allemagne veut jouer les gardiens du temple parce que c'est elle qui accueille l'année prochaine la 39e rencontre.

POB : Donc ça s'explique; on a aussi vu le soutien populaire, la chaîne humaine autour du puy de Dôme… Est-ce que vous pensez que ça aussi, ça a compté, ce témoignage populaire ?

JYG : Bien sûr ! Vous savez, dans un dossier comme celui-ci, ce sont à la fois des éléments scientifiques qui sont fondamentaux mais aussi l'adhésion de la population, des entreprises, des institutions, du monde associatif, du monde culturel, du monde sportif ... C'est fondamental et c'est quelque chose qui est déterminant dans le choix final de l'UNESCO.

POB : La France et le Puy-de-Dôme vont donc bientôt accueillir une nouvelle mission consultative ?

JYG : Oui, mais ça n’est même pas une expertise, c'est une mission qui va venir chercher des compléments d'information pour étayer le dossier qui, je l'espère, sera présenté l'année prochaine; en tout cas nous allons tout faire pour cela.

POB : Roger Gardes, le responsable du parc des Volcans dit qu'il y a quelques points négatifs dans le rapport de l'UICN, notamment l'occupation humaine un peu trop importante, l'accueil, le plan de gestion, les carrières ... Comment vous allez faire pour représenter un dossier qui soit accepté ?

JYG : Sur ces trois points, les choses sont faciles, on peut répondre. Sur le plan de gestion, l'UICN ne s'est pas rendu compte que le plan de gestion existait donc il suffit de lui montrer (il est assuré par le Conseil Général). Sur les carrières, ce sont des carrières qui ont des projets de fin de vie comme toutes les carrières. Et enfin sur le troisième point, l'accueil du public, là aussi il faut organiser les choses. Nous avons sûrement des progrès à faire mais je crois que c'est vrai pour tous les sites.

POB : Faut-il un peu plus de contrôle ?

JYG : Des contrôles et un peu plus de discipline. Mais vous savez, la clientèle de tourisme qui vient sur ces grands sites est beaucoup plus disciplinée que la clientèle autochtone.

POB : Des milliers de propriétaires privés sont propriétaires de ce bien. Est-ce que cette perspective vous permet de mieux fédérer ?

JYG : Il y a une complexité de la propriété privée sur la chaîne des Puys, il faut arriver à simplifier. Nous avons beaucoup discuté avec les propriétaires pour qu'ils acceptent que ce bien soit partagé au niveau national et international. Donc le dialogue existe toujours.

POB : (Le classement), c’est pour l'année prochaine ou il faudra attendre trois ans ?

JYG : Là vous me posez une colle. J'espère que ce sera l'année prochaine, on fera tout. On a gagné une étape, on gagnera la deuxième. Nous avons réussi l'examen, l'année prochaine, c'est le diplôme qui nous est remis, le temps de l'imprimer !

Interview de Jean-Yves Gouttebel
Extrait du 19-20 Auvergne du lundi 23 juin 2014.



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